Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Editorial

Le brexit

dimanche 30 octobre 2016, par Patrick Desingly


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Si l’échelle de Richter (1935) mesure la quantité d’énergie libérée lors d’un séisme, incontestablement, le jeudi 23 juin 2016, contre toutes prévisions des sondages, les Britanniques, en votant à 51,8% pour la sortie de l’Union Européenne, ont été ébranlés. Les pères de l’Europe, Schumann et Monet, doivent se retourner dans leur tombe.
L’initiateur du projet en Angleterre, David Cameron, qui a joué avec le feu, s’est brûlé ! Teresa May l’a remplacé pour la mise en œuvre du contrat. Aujourd’hui, de nombreux pays européens veulent tenter la même expérience, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède. Mais pourquoi en est-on arrivé là ? Ce « non » n’est-il pas tout simplement la somme de tous les mécontentements et de tous ces contraires, l’emploi, l’immigration, le mal de vivre ensemble, les prix, la réglementation tatillonne, le manque de confiance en nos politiques.
L’Europe est-elle devenue un projet difficilement lisible et trop complexe, une supra nationalité contestée ? Trop d’Europe, pas assez d’Europe, le débat fait rage mais la réponse appartient à chacun d’entre nous par son bulletin de vote, mais n’oublions pas que l’histoire de l’Europe est née sur le constat des ruines et des morts et que, pour éviter qu’un tel scénario se répète, il fallait créer une communauté de destin en rapprochant les ennemis héréditaires, la France et l’Allemagne, en créant le CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier).
En 1951 c’est chose faite. Toute future guerre devient impossible. Six pays membres en sont le socle, de nombreux autres suivront au fil des traités. A noter qu’en 1968, la suppression des droits de douane a multiplié la richesse du commerce. En 1973 c’est l’élargissement de la Communauté européenne au Royaume-Uni, à l’Islande, au Danemark pour aboutir aujourd’hui à 28 états et 24 langues officielles, et demain ?
Que de traités, de Rome à Maastricht, de compromis, de discussions, de difficultés, de renoncements pour construire la maison « Europe », édifice fragile mais ô combien nécessaire pour la paix. N’a-t-on pas en Argonne comme ailleurs trop de cimetières qui rappellent la bêtise humaine ?
Aujourd’hui, le vote du Royaume Uni a mis le vers dans le bois. Il faut en convenir. Le transfert de souveraineté au profit des institutions est-il un des déclencheurs ? L’économie de marché inquiète-telle à nouveau ? Beaucoup de pays veulent les subventions mais rechignent aux cotisations. Faut-il construire une Europe à la carte pour perdurer ? Le Royaume-Uni a-t-il réussi un coup de force pour imposer sa vision de l’Europe à son avantage ? L’avenir le dira !
De toute façon, le bloc des 27 va mettre tout en œuvre pour éviter un nouvel éclatement. Aujourd’hui des corrections et de nouvelles priorités s’imposent. Et si la France, pilier communautaire incontournable par son histoire, tend la main pour rechercher des solutions, qu’elle n’oublie pas demain de recompter ses doigts après chaque négociation.
Soyons attentifs aux chemins que l’on va prendre car chacun voudra tirer la couverture à soi.
Bonne lecture du numéro 72 !
Patrick Desingly, Président.

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