Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Les moulins de la vallée de l’Aisne

mardi 25 octobre 2016, par Denis Marquet


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Chaque village situé sur l’Aisne avait son moulin : Villers-en-Argonne, Verrières avec le moulin de haut et le moulin de Bas, Sainte-Ménehould avec le moulin des Prés qui broyait des coquins dans les années 1900 et qui disparut à l’arrivée des Allemands en 1940. Chaudefontaine avait aussi un grand moulin, tout comme La Neuville-au-Pont.
Denis Marquet qui fut instituteur à Verrières nous conte aujourd’hui l’histoire du moulin de Haut.

Les moulins de Verrières



Il y avait deux moulins sur l’Aisne qui traverse le territoire de la commune. Le plus ancien, le Vieux Moulin ou Moulin de Viuride (?), encore appelé Moulin de Haut parce qu’il est situé en amont donc plus haut que l’autre moulin appelé Moulin Neuf ou Moulin de Bas. Les deux moulins étaient reliés par une fausse rivière, maintenant un bras mort, pour éviter les dégâts des eaux sur les terrains voisins, mais cela n’a pas empêché des différends et des procès au cours des temps.
Le Moulin de Haut existait déjà en 1534, date à laquelle son propriétaire, l’abbaye de Chaudefontaine, l’a loué par bail de 40 ans à Nicolas Comte, moyennant 18 livres en argent et 4 livres cire (?) (A.D. 51 – D 130, liasse 76). Ce vieux moulin appartiendra ensuite aux Pères Jésuites de Reims et sera exploité par François Buirette de Verrières de 1634 à 1641 puis pendant 6 ans par Claude Jourdain et ensuite par J. Bourlon.
A la Révolution, les biens du clergé sont vendus. Le Moulin de Haut est acheté 6000 F le 17 mai 1791 par sieur Picard, homme de loi de Sainte-Ménehould. En 1796, ce moulin appartiendra à Pierre Simon Boublon. Ce moulin à farine deviendra successivement au cours des temps :



1 – un moulin à coquins. Les coquins étaient des nodules de phosphate de chaux qui donneront une sorte d’engrais (1872-1876).
2 – une scierie-tournerie où l’on fabriquait des manches de plumeaux, des piètements de chaises, des balustres de berceaux et même des caillebotis.
3 – Une usine électrique (1924-1938) qui alimentait la sucrerie de Sainte-Ménehould et une partie de la rue de la Perrière à Verrières.
4 – Un atelier de mécanique automobile (1938-1945) à l’initiative de M. Germain Lambert qui aurait inventé une voiture électrique et un système de suspension dit « sans choc ».
5 – une usine d’effilochage et de rembourrage montée par M. Emile Schmitt grâce à des machines rapportées d’une usine qu’il possédait en Alsace. Mais à cause de l’arrivée des mousses synthétiques et des matières plastiques, l’usine fermera vers 1960 et le moulin est devenu une maison d’habitation. (à suivre)
Denis Marquet

- Sources : Archives départementales de la Marne. Cadastre de la Commune de Verrières.
Recensement de la population de Verrières.


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