Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Ménéhildien d’hier

Un Argonnais vient de disparaître : Gilbert Grasset.

mercredi 20 février 2008, par Nicole Gérardot


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Ce n’est pas dans son bureau directorial de l’hôpital de Ste-Ménehould, de Sedan ou de Verdun que j’ai rencontré M.Grasset, mais dans une petite chambre au premier étage des Genêts, le service de long séjour du centre hospitalier. Malgré sa maladie qui ne lui laissait pas de répit, malgré sa souffrance, j’ai rencontré un homme formidable qui savait encore rire, plaisanter et s’intéresser à la vie dans le monde.
Ce que je n’oublierai jamais c’est le sourire de M.Grasset. Un sourire éclatant dans son corps décharné. Un sourire qui me touchait beaucoup chaque fois que je le voyais.
Lors de mes visites, je rencontrais souvent un de ses amis M. Roger Hénin, ami de jeunesse, ami fidèle et qui a accompagné jusqu’à la fin son vieux camarade.
Je laisse Roger Hénin nous parler de M.Grasset.
« Gilbert est né à Valmy le 18 septembre1929. Son destin est tout tracé : il sera cultivateur comme son père et son grand-père avant lui. Mais en 1940, c’est la guerre et l’évacuation. Sur un pont à Dienville, lors d’un bombardement, il est blessé et se retrouve seul à l’hôpital de Troyes. Dure épreuve pour un garçonnet de 11 ans. Gilbert rentre à Valmy mais il garde un handicap au bras droit. Il ne sera pas cultivateur, sa famille décide de l’envoyer au collège. C’est là que je l’ai connu. Après le collège Chanzy, Gilbert poursuit des études de commerce à Reims.
En 1948, il rentre à l’hôpital de Sainte-Ménehould. Le directeur de l’époque décèle en lui de grandes qualités aussi bien intellectuelles qu’humaines et l’encourage à passer des concours. En 1969, il est nommé directeur économe de l’hôpital de Charleville, puis cinq ans après, directeur de l’hôpital de Sedan qu’il a complètement modernisé. En 1987, il prend la direction de l’hôpital de Verdun. Il est à l’origine de l’ouverture de la maison de retraite de cette ville.
Puis vint en 1992, l’heure de la retraite. Vint l’heure aussi du terrible diagnostic : M. Grasset est atteint de la maladie de Parkinson. C’est le retour à Sainte-Ménehould.
En 1951, il s’est marié avec Lucie et durant toute leur vie commune, Lucie n’a cessé de l’encourager, de l’épauler dans sa marche vers la réussite.
Lucie a été formidable aussi lorsque la maladie est apparue. De 1992 à 2006, elle le soigna avec un courage et un dévouement exemplaires. Ce n’est qu’en 2006 qu’elle dût se séparer de Gilbert. Il est décédé le 2 janvier.
Quant à moi, depuis ces années de collège, je l’ai toujours fréquenté.. Il n’y eut jamais de dispute entre nous. C’est un deuxième frère que je viens de perdre ».
J’ai eu l’occasion moi aussi de parler avec M.Grasset de son enfance à Valmy enfance joyeuse et libre des enfants de la campagne. Il évoquait souvent son amour de la nature : ses peupliers, son noyer du Maroc, sa pivoine arborétum qui donne de si jolies fleurs au printemps, ses pêches à la truite dans le « Rouillat »………son inquiétude aussi avec les menaces qui pèsent sur cette nature. Il me parlait de sa réussite sociale, dont il était très fier à juste titre Il me parlait aussi de ses enfants et de ses petits enfants, qu’il chérissait profondément.
Nous garderons de lui le souvenir d’un homme bon, juste, profondément attaché aux valeurs humaines.

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