Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Fontaines et pèlerinages d’autrefois

jeudi 29 décembre 2016, par Nicole Gérardot


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Chaque village avait sa fontaine dédiée à un saint ou une sainte, censés soulager les habitants de certains maux. Ils vénéraient leur saint et organisaient chaque année un pèlerinage en leur honneur.
Voici, tirée du livre « Folklore et vieux souvenirs d’Argonne » de l’abbé Lallement, la liste des fontaines des villages des environs de Sainte-Ménehould :

Charmontois-le-Roy : Ste Apolline : fièvre et maux de dents.

Chaudefontaine : St Laurent : fièvre et maux d’yeux.

Eclaires : St Vannes  : coliques infantiles.

Florent : St Méen : affections dartreuses, piqures venimeuses, St-Pierre : fièvres.

Hans : N.D. des Marais : maladies infantiles et autres.

Le Chemin : St Claude, Ste Geneviève : plaies et fièvres.

Malmy : St Blaise : maux de gorge et maladies infantiles.

Massiges : St Gilles : fièvres malignes et dangers, St Roch : choléra.

Moiremont : N.D.-aux-Grottes : maladies de l’âme et du corps.

Ste-Ménehould : Ste Ménehould : fièvres putrides et cas désespérés.

St-Rouin : Fièvre et autres maladies.

St-Thomas-en-Argonne : St Marcoul : humeurs froides et maladies infantiles.

Servon : N.D. de Pitié : guérison des souffrances.

Vienne-le-Château : St Roch : choléra et maladies infantiles, St Thibaut : fièvres.

Villers-en-Argonne : Ste Geneviève : maladies infantiles.

Wargemoulin : St Etienne : maux de tête.

Toujours selon l’abbé Lallement, certains villages avaient des fontaines sacrées mais pas de pèlerinages. C’est le cas d’Argers, de Cernay-en-Dormois, du Châtelier, de Maffrécourt, de Verrières, de Vienne-la-Ville. D’autres avaient des pèlerinages comme Auve, Binarville, St-Jean-Sur-Tourbe, Fontaine-en-Dormois, Servon mais pas de fontaines. Fontaine-en-Dormois, avec son nom si évocateur, n’avait pas de fontaine ? Je me suis renseignée auprès de Madame le Maire. Ce village a de nombreuses sources, avait un lavoir, mais pas de fontaine. D’où vient donc l’origine de son nom ?

Que reste-t-il de ces pèlerinages et de ces fontaines ?
Parmi celles que je connais, au Chemin, la fontaine St-Claude est toujours bien entretenue et fleurie par des dames du village.A Verrières, le pauvre St-Didier paraît bien délaissé. A Villers, la fontaine Ste-Geneviève, située entre Villers et Châtrices, est la propriété de cette commune. Elle est bien entretenue et fleurie. En 1865, une sainte fille, Clarisse Robat, fit élever un monument qu’on appelle « la petite chapelle ». Le 25 avril, le lundi des Rogations et le 15 août, clergé et fidèles s’y rendaient. On priait Ste Geneviève pour les enfants malades et, comme à Côtes-à-Vignes, on étendait les langes dans le bassin. (Ce rituel du trempage du linge dans l’eau se retrouve dans d’autres régions et notamment en Bretagne où les fontaines sacrées sont nombreuses). On y est allé en processions jusqu’en 1940, et dans les années 1960, à la Saint Christophe, on y bénissait les voitures. Une messe y est toujours célébrée le 15 août et le Maire du village y offre le verre de l’amitié.








« La fontaine des bons malades », située route de Chaudefontaine, a été restaurée en 2006 par les membres du Lion’s Club à l’initiative de Michel Lebègue, Ménéhildien bien connu aujourd’hui disparu. Cette fontaine est en place depuis le XIIIème siècle. La source qui l’alimente est située sur le plateau de la Haute-Maison où une léproserie avait été érigée.
Les lépreux étaient recueillis, soignés dans cette maladrerie par des religieux, puisant à la fontaine l’eau aux vertus thérapeutiques. Jusqu’en 1950, les gens venaient y chercher l’eau pour leur consommation. Puis la fontaine est tombée dans l’oubli. Elle est maintenant bien entretenue. (Dans le n° 34 de notre journal, M. Lebègue avait écrit un article sur ce lieu).

St-Rouin se situe dans la Meuse sur la commune de Beaulieu. J’invite tous ceux qui ne connaissent pas le lieu à y aller pour son ermitage, sa chapelle, son retable, pour la beauté et la solennité du site. Sa fontaine était, elle aussi, dotée de pouvoirs magiques. Jusqu’au XIIIème siècle on affirmait : « Les malades accouraient de toutes parts, principalement ceux qui souffraient de fièvre. Ils puisaient à la fontaine une eau miraculeuse qui leur rendait la santé ». Une association « Les amis de St Rouin » est très active et entretien les lieux. Une messe est célébrée chaque année par l’évêque de Verdun au mois de septembre.
Nicole Gérardot

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