Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Editorial

Simone Veil… une grande dame !

samedi 30 septembre 2017, par Patrick Desingly


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Le vendredi 30 juin, à la veille de ses 90 ans, disparaissait une femme de conviction, de courage et d’humanisme et c’est peu dire.
D’origine juive, d’une famille non pratiquante, elle subit la persécution dès le début de la guerre. Son père, architecte, va essayer de transformer son nom de Jacob en Jacquier mais en vain. 1944… elle est arrêtée avec toute sa famille. L’enfer commence. Drancy, Auschwitz, Ravensbrück, Bergen-Belsen, la Lituanie pour son père et son frère.
Libérée en 1945, elle apprend sa réussite au bac, reprend de brillantes études et obtient une licence de droit, ce qui lui permet d’intégrer l’Institut d’études politiques de Paris. Les portes de la magistrature lui sont ouvertes. La politique aussi. Elle intègre le cabinet de René Pleven, garde des sceaux, en 1969. Désormais les ministères lui sont ouverts.
Janvier 1975, elle fait voter la dépénalisation de l’avortement. Le combat est rude. Les adversaires sont nombreux et grâce à l’appui des voix de gauche, le texte est adopté. Elle a gagné…. Les femmes lui en seront reconnaissantes.

1979, elle devient la première femme présidente du parlement Européen. Elle deviendra une icône de la réconciliation franco-allemande sans pour autant renier son passé. Elle gagne une popularité que l’histoire ne démentira pas. Elle reçoit des coups, en donne, c’est ainsi que va la politique dans l’intérêt général.
En 1998, elle devient membre du conseil constitutionnel pour 9 ans, en parallèle à sa présidence et de son action pour la mémoire de la Shoah.
En 2008, elle rejoint la vénérable institution créée en 1635 par Richelieu, à savoir l’Académie Française. Son épée d’immortelle portera le numéro 78 651 (son numéro matricule d’Auschwitz). Incontestablement, elle a su dépasser les clivages politiques en gardant ses convictions.
Nous garderons tous l’image de son cercueil à même le sol dans la cour des Invalides à Paris en présence de nombreux politiques de droite et de gauche, mais aussi, et surtout, d’une foule d’anonymes. Elle a été un symbole pour les femmes, un symbole pour la vie en revenant de l’enfer.
Sa vie fut une immense leçon de courage et ce courage, aujourd’hui, lui ouvre les portes du Panthéon.
Bonne lecture du numéro 76
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Patrick Desingly, Président.

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