Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Les cafés de nos villages.

mardi 26 décembre 2017, par Denis Marquet


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Chaque village avait son café, si ce n’est plusieurs cafés. C’était un lieu de rencontre, de convivialité, de détente, on y jouait aux cartes, on achetait son tabac, on dansait parfois. Ces cafés ont presque tous disparus, faute de clients car aujourd’hui aller au café n’est pas bien vu. Denis Marquet nous raconte l’histoire de celui de Verrières.


Le café du Bôt d’Or à Verrières


Le café du Bôt d’Or a été le dernier café du village. Situé grand-rue, face à la place, il a définitivement fermé en 2002. Son enseigne représentait un crapaud dont le nom en patois est « bôt ». Plusieurs autres cafés ont existé dans le village. On peut citer « Le Lion d’Or » dans la rue Montier, fermé en 1954 et « Le Civet » dans la grand-rue, fermé en 1958.
Le café du Bôt d’Or existait déjà en 1896. Il était tenu par M. Siméon Albert Jacquesson jusqu’en 1925. C’était à la fois un café, une épicerie, un bureau de tabac, une mercerie et on y vendait également du pétrole pour s’éclairer. La salle d’entrée à gauche était la mercerie et derrière se trouvait la cuisine. A droite un petit comptoir où on servait à boire et où on vendait de l’épicerie et du tabac. A côté, une table pour la charcuterie.
Après la première salle, il y en avait une plus grande où s’installaient les joueurs de carte le dimanche. Ni eau, ni électricité mais une pompe sur un évier et une lampe à pétrole pour s’éclairer. Le 14 juillet, c’était le banquet des pompiers. Les chasseurs apportaient leurs gamelles qu’on réchauffait.
Le cabaretier faisait des tournées dans les villages voisins avec une petite charrette tirée par un cheval. Il vendait de la charcuterie et un peu d’épicerie.
En 1925 Blaise Jacquesson reprend le café de ses parents. Il est agrandi. La salle attenante aussi et devient salle de bal. Le café tient maintenant la recette de la régie. En 1927, l’électricité, l’eau courante et les w.c sont installés.
En 1953 le café est repris par madame Suzanne Toublan, fille de Blaise Jacquesson jusqu’en 1966. Puis ce sera Madame Germaine Berard. En 1968, à la suite de la fermeture du bureau de Poste du village, la cabine téléphonique publique y est transférée. Il devient restaurant en 1970 et on peut également y acheter le journal. En hiver, le restaurant est très actif avec les chasseurs.

Le Bôt d’Or en 1983


M. et Mme Wawzynskiewiez succéderont à Mme Berard en 1972 mais ils ne resteront que 3 ans et ce sera Mme Jacqueline Radix qui tiendra le Bôt d’Or. En 1982, la cabine téléphonique du café est supprimée et remplacée par une cabine publique placée devant le bâtiment de la Mairie-école. Cette cabine existe toujours mais ne fonctionne plus.
En 1983, Mme Dufour reprend le café et transforme l’intérieur du bâtiment et sa façade et installe une pizzeria.
En 1988, M. et Mme Gaillard rachètent le café et font de la restauration jusqu’en 2000, date à laquelle il deviendra la propriété de M. et Mme Gil Oudin. Après quelques mois de travaux, le café est réouvert en juillet 2000, mais ces derniers propriétaires fermeront définitivement pendant l’été 2002. Ils loueront ensuite la maison quelque temps puis la revendront à leur cousin, M. Aurélien Lebel en 2008.
Denis Marquet.

Sources : Bulletin municipal « Le P’tit Padada ».
Témoignage de Mme Genin en 1986.
Recensements de la population.



Le Bôt d’Or en 1988



Les villages avaient donc un ou plusieurs cafés. À la télé on veut sauver les derniers cafés de villages, mais chez nous ils ont souvent disparu. L’idée nous est donc venue de regarder attentivement « dans » les cartes postales anciennes pour les retrouver.

A Givry-en-Argonne, le document montre trois cafés sur la place : le « Café Français », le café « Codella », plus modeste et sans devanture, et le « Café de la Place », justement nommé.

A Passavant-en-Argonne, il y avait le « Café du Midi », juste en face de l’église.

A Cernay-en-Dormois, la « Maison Leroy » proposait café, hôtel, tabac et épicerie. Et de l’autre côté de la rue se trouvait, comme l’a écrit celui qui a envoyé la carte (datée de 1921), le « Café Maucurier ». Reste à se poser la question sur l’origine du nom : soit le nom du propriétaire (Leroy) soit du lieu (de la Place), soit une autre dénomination : Café du Midi.

Nos fidèles lecteurs peuvent nous écrire pour apporter des infos sur ces établissements.



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