Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Ménehould à Château-sur-Aisne.

dimanche 24 décembre 2017, par John Jussy


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L’auteur du vitrail a représenté Ménehould un livre à la main, la main droite levée, aux côtés de son père Sigmar, le noble en habit bleu qui porte l’épée. Deux diables verts grimaçants regardent la scène, l’un est à droite, l’autre en haut à peine visible. Quel était le symbole représenté par ces deux diables ? Quant à la cité, une forteresse en bois du Vè siècle, elle est représentée comme un palais de pierre un peu oriental. Le vitrail a été fait en 1893.




Ménehould à Château-sur-Aisne


Sainte-Ménehould n’est pas née dans la ville qui porte son nom, elle n’y est pas morte non plus… elle y aurait d’ailleurs peu séjourné. Voilà qui intrigue bon nombre de personnes. Le manuel de la confrérie de Sainte-Ménehould (1893) nous apporte quelques précisions.

"Quoi de mieux pour connaître la vie de la sainte que de regarder les images du vitrail de l’église du Château ; la vie de Ménehould y est retracée en 10 scènes. Nous avons choisi la scène qui illustre l’arrivée de Ménehould dans la cité.
Ménehould est née au château de Perthes, bourg entre Châlons et Vitry. Elle était la plus jeune des sept filles du comte Sigmar et de Lintrude, dame gauloise.
La jeune fille fut élevée dans la religion chrétienne, une religion nouvelle qui gagnait de plus en plus de fidèles. Le prêtre Eugène s’était appliqué à « former leur cœur et à les diriger vers le but vrai et unique de la vie : Dieu ». Aussi, quand saint Alpin, évêque de Châlons, passa au château de Perthes, les jeunes filles lui demandèrent « le voile des vierges ».



Mais Ménehould allait avoir une autre destinée.
Dans cette deuxième moitié du Ve siècle, alors que l’empire romain s’achève, un terrible fléau arrive : Attila, roi des Huns. Après avoir dévasté le nord du pays, les 500 000 barbares se retrouvèrent en Champagne. Mais il y avait une citadelle bâtie sur une butte entourée d’eau : Château-sur-Aisne, et le grand capitaine qui défendait le lieu était Sigmar ; un comte, dira le manuel de la confrérie, « qui comptait moins pourtant sur la force des remparts, sur la vaillance de ses soldats que sur les prières d’une jeune enfant qu’il avait avec lui, sa fille… »


Sigmar aurait donc fait venir Ménehould, déjà adulte, pour, aux côtés de saint Alpin, combattre Attila avec ses prières. Attila, dit-on, honteux de n’avoir pu investir la forteresse, se vengea et brûla le château de Perthes.
La paix revenue, Ménehould s’attacha à convertir les habitants à la foi chrétienne, dans cette région où le paganisme régnait encore, où sur la butte était encore un vaste temple d’idoles. Mais la peste qui après les combats envahissait la région déjà insalubre à cause de marais qui entouraient la butte, arriva à la forteresse.
« Ménehould quitta vite sa retraite pour accourir au danger, et l’on vit le vierge héroïque, de se mains formées aux délicatesses du palais, soigner les pestiférés, ensevelir les morts, sans craindre la contagion pour elle-même ». (Manuel de la confrérie).
La contagion recula, la renommée de Ménehould se répandit au loin, si bien que le nom de la cité se confondit avec le nom de la personne chez qui on venait se faire soigner. Le dieu de Ménehould devint le dieu de la contrée, on purifia la butte en changeant le temple, certainement dédié à Diane, en église chrétienne. On peut croire que ce ne fut qu’une chapelle car la première église en bois aurait été bâtie au IXe siècle, alors que celle que nous connaissons, la vieille dame de pierre blanche, date quant à elle du XIIIè.
Ménehould se retira par la suite à Bienville, dans la vallée de la Marne, au sud de Saint-Dizier, où elle mourut un 14 octobre de l’an 499 ou 500.

Attila.
Ménehould serait donc arrivée à Château-sur-Aisne au moment où Attila envahissait la région, ou repartait outre Rhin. En 451, Attila, à la tête des hordes de Huns, dévaste le nord du pays, ravage Reims et Troyes, dédaigne Paris, bourgade sauvée par sainte Geneviève, et arrive jusqu’à Orléans. Là, Aetius et les guerriers gallo-romains obligent les Huns à lever le camp et, dans la retraite, à livrer bataille, une bataille qui aurait eu lieu près de Troyes et non près de Châlons et qui sera nommée « Bataille des Champs Catalauniques ».
Si Ménehould avait lors de sa venue à Château-sur-Aisne 16 ou 18 ans, âge où à l’époque on entrait dans la vie active, elle serait donc morte en 600 à l’âge d’environ 65 ans, un « âge avancé » (pour l’époque) comme disent les écrits.
Mais cette histoire de Ménehould qui sauve la cité avec ses prières ressemble fort à l’histoire de Geneviève à Paris : la cité nommée Lutèce ne fut pas attaquée par Attila grâce à Geneviève qui demanda aux habitants de jeûner et de prier. On connait plus Sainte-Geneviève que Sainte-Ménehould.
Le reste de hordes d’Attila qui fuyaient a dû passer près de Château-sur-Aisne ; l’Argonne a toujours été sur le passage des envahisseurs.
Perthes.
Entre Vitry et Saint-Dizier, Perthes est aujourd’hui une charmante bourgade le long de la nationale 4. Du château d’où le comte Sigmar régnait sur une vaste région, on ne sait rien. Même la partie histoire du site internet du village est vide.
John Jussy

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