Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Page du poète

Monique Parmentier

jeudi 15 mars 2018, par Nicole Gérardot


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Celui-ci ou celui-là ? J’aime beaucoup ce poème, mais en voilà un autre qui me plaît aussi ! Très difficile de choisir parmi tous les écrits de Monique Parmentier. Les sujets sont très variés, tantôt graves et tantôt légers, joyeux ; le style diffère en fonction du texte. C’est très beau. En voici quelques-uns. Monique est historienne de l’"art à Lille. Mais elle a gardé sa maison de famille à Sainte-Ménehould. Chaque hiver elle donne des conférences à la médiathèque et nous fait partager son amour de l’art.
Nicole Gérardot




Avant les trois coups

Les nuages nous font un toit gris d’ardoise.
Les oiseaux sont au nid ; quelques cris s’entrecroisent

Le vent se fait silence, le tilleul immobile
Protège tout un monde fébrile.

On dirait que la nature est au garde-à-vous,
Sentant approcher l’inévitable courroux.

Mais où est donc le chat, d’habitude si folâtre ?
Là ! Son dos crépite d’étincelles bleuâtres !

L’air pesant vibre sous l’invincible attelage :
Au loin gronde l’infernal chariot de l’orage.

La cascade

Qui dégringole,
Qui caracole,
Qui cabriole,
Qui tressaute en rigoles
Qui déboulent,
Qui s’enroulent,
Qui roucoulent,
Qui s’écoulent en rivières
Qui s’emballent,
Qui dèvalent,
Qui brimbalent,
Qui s’étalent dans la mer !...

Adieu

Une gare,
Un départ,
Un regard,
Un foulard,
Un brouillard…

Je sais en mon village

Un pauvre cimetière…
J’y viens en pèlerinage
Pour une simple prière.
Je pense à tous les miens
Qui n’eurent pas de couronnes.
Je pense aux anciens
Qui n’ont plus personne…
Humbles défunts, naguère
Paisibles en vos clos
Au fil de la vie douce-amère,
Je vous sais là, en repos.
Pas de monuments orgueilleux,
Une dalle de pierre quelquefois ;
Pas de mausolée ruineux,
Mais de sobres croix de bois.
Devant vos noms, vos dates
Qui retiennent votre passé,
Voici ces roses délicates
Et puis… voici un Ave !...

Les mots que l’on tait


Le sourcil qu’on fronce,
Le doigt qui dénonce
Le poing qui menace
Le coup de pied qui chasse…
Le sanglot qu’on refoule
La larme qui coule…
Une porte qui s’entrouvre
A l’ami qu’on retrouve…
La main qui donne
La caresse qui pardonne…
Les bras qui enlacent
Pour un baiser qui efface
En disent plus long
Que nos longues paroles.


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