Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Éditorial

Notre-Dame

dimanche 30 juin 2019, par Patrick Desingly


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Incontestablement, l’œuvre de Victor Hugo, au 19e siècle, en publiant « Notre-Dame de Paris » a contribué au sauvetage de la cathédrale qui se trouvait à ce moment-là dans un état de délabrement reconnu.
Le 15 avril 2019, l’incendie, sans doute accidentel, a focalisé l’actualité sur cet évènement, certes symboliquement fort, mais qui n’a fait heureusement aucune victime. De toute évidence, il faudra la reconstruire, elle fait partie de notre patrimoine, de notre histoire.
L’émotion ressentie est immense, on a peine à croire que les cathédrales puissent s’effondrer. Notre-Dame était éternelle dans le cœur des gens. Les commentaires vont bon train, les journalistes, comme les badauds s’émeuvent et pleurent la disparition de la forêt (surnom donné à la charpente de Notre-Dame au 13e siècle) qu’ils n’ont, par ailleurs, jamais visité et dont ils ignoraient pour la plupart l’existence. Notre-Dame est liée à notre histoire. 850 ans, cela rassure et ressemble un peu à l’éternité, mais n’oublions pas que si le culte de la vierge Marie a pris une certaine importance au 13e siècle, elle restera une cathédrale parmi d’autres.
À noter que l’archevêché était à Sens et non à Paris. Ce n’est que Paris, en devenant la capitale, qui assurera son rayonnement. En 1831, la volonté apparaît de la transformer en véritable monument et elle n’appartient plus, dès lors, exclusivement à la catholicité, elle devient une église nationale officieuse. Désormais les grands de ce monde la choisissent de De Gaulle à Mitterrand. Elle est choisie dès lors qu’on est en attente du sacré. Mais revenons à cet accident du 15 avril.
À ce moment-là, la France entière attendait la réponse à la crise sociale. Le Président de la République devait s’exprimer à 20 heures, l’excitation et l’exagération est à son comble, la surenchère fait recette, même l’aide d’un pays ami est proposée pour venir au secours des pompiers avec des canadairs (sic)
Déjà les questions fusent. Faut-il la rebâtir à l’identique ? Mais de quelle époque, quel style, quelle période faut-il privilégier ? Une chose est sûre, on ne peut jamais rebâtir à l’identique, il faut sauvegarder avant tout l’esprit et le style. Eugène Viollet-le-Duc sera-t-il toujours présent dans cette reconstruction ? Aujourd’hui, les dons affluent, le jeu qui veut donner des millions fait recette et trouble un peu les collectivités qui se sont précipitées. À ce jour, le chiffrage de la reconstruction n’est pas connu. Néanmoins, respectons les donateurs, surtout les anonymes car je ne suis pas certain qu’ils en attendent tous de la publicité.
Une chose est certaine, avec nos spécialistes, nous reconstruirons Notre-Dame. Dire qu’elle sera plus belle, attendons quelques années pour le vérifier. Aujourd’hui encore on peut remercier Victor Hugo d’avoir écrit et sauvé Notre-Dame, mais n’oublions pas qu’il a également écrit « Les Misérables »
Bonne lecture du numéro 83.
Patrick Desingly, Président.

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