Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

A propos des ancêtres de Beautemps, Beaupré le père de l’hydrographie moderne.

lundi 24 juillet 2006, par Jean-Claude Léger


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Charles François BEAUTEMPS BEAUPRÉ.

Il est né à La Neuville-au-Pont le 6 août 1766 du légitime mariage de François Beautemps et de Marie Claude Collin le 26 novembre 1753. Il fut baptisé le jour de sa naissance par le prêtre curé Nicolas François Frerson, le parrain François Pérot a eu pour répondant Hubert Beautemps grand-père de l’enfant et Marie Charlotte Beautemps sœur de l’enfant. Il était le neuvième enfant de cette fratrie, les parents sont prolifiques, ils sont tous nés en l’espace de 12 ans ! ! !.
Il se peut que son instruction scolaire fût faite par Nicolas Parizet, recteur d’école du village, il exerçait déjà en 1738, sa carrière se termina à son décès en 1778 à l’âge de 67 ans.

L’enfance de Charles François est un peu romancée, sa notice biographique sous la plume de l’abbé Buache présente son père comme cultivant la terre et travaillant la vigne. Il précise la venue au pays en 1776, de Jean Nicolas Buache dit Buache de La Neuville, géographe réputé.
« Le géographe de 35 ans demande la permission d’emmener, à Paris, son jeune cousin Charles François, seulement âgé de 10 ans. La famille fit à cette requête un accueil empressé ; parents et amis accoururent chez les Beautemps Beaupré pour les féliciter de cette bonne fortune ».
Nous verrons plus loin que ses ancêtres n’ont jamais porté le surnom de « Beaupré » accolé à leur patronyme.

Jean François BEAUTEMPS et la justice.

Ce père, de famille nombreuse, a des démêlés avec la justice pour cause d’alcoolisme matinal, cela s’étant passé avant la messe dominicale.
Le 2 octobre 1777 la justice seigneuriale de La Neuville-au-Pont (Archives Départementales de la Marne B 7 431) nous donne le compte rendu suivant :

« entre la cause d’entre le procureur fiscal.
Contre Jean François Beautemps non-défenseur et comparant par Hubert Beautemps chapelier son père son procureur et se portant fort pour lui.
A l’appel de la cause lecture faite de notre jugement du vingt-cinq septembre dernier ledit Beautemps père nous est convenu que les faits y mentionnés étaient vrais et sincères qu’il le tenait de l’aveu de son fils absent pour le présent pour affaire alors que son fils était pris de vin et qu’il n’était point dans l’habitude de manquer à la messe du service divin et qu’il s’en remettait à nous sur le jugement qui venait à prendre.
Sur quoi nous juge susdit ouïr le procureur fiscal audit Beautemps fils de ne plus à l’avenir se présenter pris de vin dans l’église soit sur le cimetière et de professer aucun jurement et pour l’avoir fait le dimanche quatorze septembre dernier sur le cimetière pendant la messe paroissiale le condamnons en trois livres d’amende et cinq livres de frais par nous liquider et à tenir prison pendant huit jours ; lui enjoignons être plus circonspect et plus révérend pendant les services divins sous plus forte peine, ce qui sera exécuté ».


Les faits condamnables surviennent un an après le passage de Jean Nicolas Buache et le départ de Charles François pour la capitale.
Nous remarquons que pour la première fois il lui est attribué les prénoms de Jean François. Nous supposons qu’il était utile de le différencier de son frère cadet qui reçut également le prénom de François le 14 septembre 1737 ; sa mère ne survécut pas à cette naissance, elle décéda le même jour. Les deux prénoms seront à l’avenir mentionnés dans les différents actes consignés dans les registres paroissiaux.
Jean François Beautemps semble avoir exercé le métier de chapelier, ainsi qu’il est écrit dans son acte de décès du 20 mars 1784, il n’avait que 50 ans. Sa veuve, Marie Claude Collin, va lui survivre peu de temps après son deuil, elle décèdera le 29 septembre 1784, à l’âge de 54 ans. La profession de chapelier est affirmée pour les ancêtres de Charles François son arrière grand-père Antoine était également chapelier, mention portée à son acte de décès le 13 avril 1731.
Le Service Historique de la Marine à Paris possède dans ses archives centrales le dossier individuel de Charles François Beautemps Beaupré (Le dossier m’a été aimablement transmis par M. Jean-Claude Launois).
Une courte biographie de l’hydrographe est écrite par Tranquille Aubry Bailleul, élève de la Marine avec Beautemps Beaupré en 1819 puis son collaborateur sur les côtes de France. Aubry Bailleul ne pratique pas la langue de bois il le stipule dès le début :
« Monsieur Beautemps Beaupré est originaire de Champagne, fils d’un vigneron ivrogne, il dut abandonner la maison paternelle pour chercher ailleurs les éléments de son avenir…Monsieur Beautemps Beaupré s’adonna avec passion à l’étude de la géographie et travailla en même temps à son éducation qui avait été fort négligée ».

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