Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du sourire

UNE AVENTURE DE LA MARINETTE

dimanche 15 janvier 2006, par François Duboisy, Luc Delemotte


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Dans ce petit village d’Argonne qui l’a vu grandir, on s’en souvient encore de la Marinette, partie maintenant vers d’autres cieux. On se souvient surtout de sa drôle d’aventure survenue dans la rue Chanzy, à Menou.

Oui, elle était trieuse de parquet dans l’usine du village, mais elle n’en était pas moins coquette. Et puis son mari était contremaître. Deux paies, pas d’enfant, on ne roulait pas sur l’or, mais on pouvait se permettre quelques fantaisies.

Et pour Marinette, la fantaisie, c’était d’aller faire ses courses à la ville. A cette époque, la fièvre acheteuse commençait à faire des dégâts. Voilà donc notre jeune femme, habillée avec élégance, du bas en haut et du dessous au dessus, qui monte dans le car bringuebalant. En route pour la capitale locale.

Et la voilà qui va de magasin en magasin. Vive le lèche vitrine ! Un coup d’œil chez Nordemann, un autre chez Philbert, une visite chez la Madeleine Antoine… personne ne sera oublié.

Ses achats sont modestes, car elle est tout de même économe, la Marinette.

Voilà le soir qui tombe. Il faut reprendre le car et arpenter rapidement la rue Chanzy pour se rendre à l’abri bus. Mais que se passe-t-il ? Marinette sent d’un seul coup sa petite culotte qui glisse. L’élastique est cassé ! Mince, alors ! En voilà une affaire ! Elle essaie de marcher comme si de rien n’était. Elle se redresse, marche les genoux serrés. Il s’agit de ne pas se faire remarquer ! C’est raté. Toute la rue Chanzy se retourne sur elle, étonnée de voir ce petit bout de femme marcher droite comme un manche à balai. Rien n’y fait ? Voilà la petite culotte qui descend le long des cuisses, puis le long des jambes. Elle est maintenant sur les chaussures.

Alors Marinette, dignement, enjambe l’objet du tracas devenu encombrant, très encombrant, et l’abandonne sur le trottoir.

Personne n’a rien vu. Ouf ! Elle est quitte pour racheter une culotte. Pas grave, après tout, l’élastique était foutu, et puis pas besoin de la remettre en état !

Mais, pas de chance, un gamin a vu le tragique accident. Il se souvient de ce que lui a toujours dit son père : « faut rendre service à tout le monde et rendre aux gens ce qu’ils ont perdu ». La dame a perdu sa culotte, mais elle n’a pas dû s’en rendre compte et elle est déjà à cinquante mètres plus loin. Vite, il ramasse la petite culotte, court après Marinette en la brandissant le plus haut possible et en criant : « Madame, Madame, vous avez perdu quelque chose !... »

Librement inspiré d’une histoire tirée du recueil « Autres contes champenois… » de H. et J. Paulet-Gamet

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