Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Encore Drouet

lundi 15 septembre 2008, par François Duboisy


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Il m’a semblé judicieux de vérifier sur les documents officiels quelles étaient les obligations du Maître de Poste dans ce domaine.
Pour cela, je me suis adressé au Musée de la Poste [1], où j’ai reçu un très bon accueil. Il m’a été envoyé la réglementation de la « Poste aux Chevaux » de l’époque et les références d’un livre écrit par le conservateur : « Le Maître de Poste et le Mes sager » de Patrick Marchand. D’une lecture attentive de ces documents, il ressort que les maîtres de poste étaient bien investis d’une fonction de douanier aux frontières et de police à l’intérieur. On ne trouve dans la réglementation aucune obligation concernant le contrôle d’identité.
Auxiliaire de police, il était en quelque sorte un agent de renseignements au service du pouvoir. Certes, dans les années 1730, le Maître de Poste de Paris et ses confrères situés dans un rayon de six lieux ne pouvaient fournir des chevaux qu’aux voyageurs pourvus d’une autorisation du roi ou du surintendant Général des Postes. Mais les maîtres de poste montraient peu d’empressement à effectuer ce contrôle sur leurs passagers.
Il faut attendre 1832 (sous Louis Philippe) pour que soient rédigées des instructions générales sur le service des Postes, document exhaustif. Il précise toutes les obligations, tant pour le maître de poste que pour les postillons, avant-coureurs, courriers, ouvriers à franc-étrier, estafettes, et reprend ce qui est en vigueur depuis des années.
L’article 1057 stipule que « Les Maîtres de Poste ne peuvent fournir de chevaux à aucun voyageur, au point de départ, si ce voyageur ne justifie pas d’un passeport, délivré conformément aux lois et règlements de police »
C’est clair, Drouet n’avait pas obligation de viser le passeport (s’il l’eût fait, aurait-il décelé que c’était un faux ?) mais, agent de renseignement, il se devait d’alerter les autorités sur les anomalies constatées. Ce qu’il a fait, peut-être sans trop d’empressement, disent certains. Mais c’est une autre histoire.


Notes

[1Musée de la Poste, 34 Bd de Vaugirard, 75731 Paris, renseignements 01 42 79 24 24.

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