Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Charles Delacroix

dimanche 14 septembre 2008, par François Duboisy, Michel Jonquet


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Un préfet de la plus haute qualité.
Par la loi du 28 octobre an VIII, Bonaparte crée la fonction préfectorale. Le 11 ventose an VIII, Delacroix devient préfet des Bouches du Rhône. Il se rend immédiatement à Marseille où il semble plutôt mal accepté. Il passe pour un homme qui a gardé une sensibilité jacobine, alors que Marseille a beaucoup souffert des troubles occasionnés par la Révolution. Un pamphlet est diffusé dès son arrivée. Il est impressionnant : « Pauvres Marseillais. Vous avez été pendus. Vous avez été guillotinés. Vous avez été fusillés. Il ne vous man quait plus que la croix pour être crucifiés. » Avec son courage habituel, Delacroix se met immédiatement au travail. Il s’est tout de suite rendu compte que la ville devait être modernisée et que l’état de la voirie et de l’urbanisation était inquiétant. Il fait établir, entre la place de Rome et l’avenue de Breteuil, des belles promenades à la place des anciens remparts qui ont fait leur temps. Ces promenades prennent le nom de cours Bonaparte. A l’extrémité du cours, Delacroix fait ériger une colonne de granit surmontée du buste du premier consul. Malgré ses efforts, ses rapports avec la noblesse, avec l’archevêché ne sont pas bons. Des plaintes parviennent à Paris.
Mais l’ambiance devient meilleure, petit à petit. Les gros négociants marseillais se rendent compte que Delacroix est rempli de bonne volonté, qu’il se dépense beaucoup pour le développement du port. Quand ils apprennent que Delacroix quitte Marseille pour la préfecture de Gironde, il est regretté unanimement dans les milieux d’affaires.
Delacroix est maintenant préfet de la Gironde. Là aussi, il se met à l’ouvrage. Depuis le 3 floréal an II, il est à l’°uvre. Il commence par un aménagement plus moderne du port. Il se rend compte que les marais qui entourent Bordeaux, non seulement nuisent à l’hygiène, et empêchent la cité de croître harmonieusement. Les Bordelais ne sont pas comme les Marseillais, et comprennent qu’ils ont là un préfet de haute qualité.
La mort emporte toujours la dernière victoire. Delacroix recommence à souffrir du mal dont il a été opéré. Il n’aura gagné que quelques années. Il disparaît le 26 octobre 1805. Il sera enterré à Bordeaux.
A Châlons, le 18 mai 2006, le nom de Charles Delacroix a été donné par le conseil municipal à une rue. La municipalité de Givry en Argonne ne devrait-elle pas faire de même et rendre au père, homme politique éminent, l’hommage rendu indûment au fils ?


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