Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du sourire.

Coco.

vendredi 12 décembre 2008, par François Mouton, Luc Delemotte


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--------- Au début du siècle dernier, le curé de Florent possédait un perroquet qui parlait et pouvait soutenir une petite conversation, en patois ou en français, un perroquet bien élevé qui ne jurait jamais, ce qui eût été fâcheux venant de l’élève d’un curé, mais demeure tout de même assez rare : on prétend que Sir Winston Churchill possédait un perroquet qui se mettait à jurer comme un charretier particulièrement grossier, dès qu’on prononçait devant lui de nom d’Hitler !
---------Coco (…c’était le nom du perroquet), conscient de l’admiration dont il était l’objet, jouait volontiers les cabotins, et sa réputation avait largement dépassé les limites du village.
---------Un jour où il était dans le besoin, le curé décida de vendre son volatile, espérant en tirer un bon prix. Il racla ses fonds de tiroir pour réunir un petit pécule, enfourcha son vélo et, parvenu à Menou, il prit le train à destination de Paris.
---------Arrivé dans la capitale, il installa Coco en pleine rue, sur une chaise contre laquelle était appuyée une pancarte où l’on pouvait lire : « Coco, perroquet savant. Questionnez-moi, je vous répondrai. Je suis à vendre. »br>
---------Les badauds commencèrent à s’attrouper et voulaient faire parler Coco. « Comment t’appelles-tu ? », « D’où viens-tu ? », « Que manges-tu ? ». Autant de questions restées sans réponse ; Coco gardait un silence dédaigneux, au grand désespoir de son maître, qui essaya par tous les moyens, alternant douceur, supplications, menaces, d’obtenir quelques mots de son protégé.
---------Ce fut un fiasco total : Coco ne prononça pas une parole durant tout son séjour à Paris et, bien sûr, personne ne voulut l’acheter.
---------Après avoir récupéré son vélo à Menou, le curé s’engagea sur la route de Florent. Arrivé à hauteur de l’étang, il s’arrêta pour souffler un peu car il lui restait à monter une longue côte avant d’arriver à destination. C’est alors que Coco se manifesta : « J’suis mou hodé, mais content : j’ai vu Paris ! » ) [1]
---------Stupéfait et furieux, le curé empoigna son perroquet, lui dit : « Ah ! Tu as vu Paris ! Et bien tu ne reverras pas Florent ! » et il lui tordit le cou !
---------Pauvre Coco que l’ambiance parisienne rendait muet, car il préférait le calme de son village au tumulte de la capitale.


Notes

[1« Je suis très fatigué, mais content ; j’ai vu Paris ! »

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