Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’HISTOIRE DU CASINO (suite) - à un nouveau concept, un nouveau nom

jeudi 21 octobre 2004, par Luc Delemotte


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Le Casino perd son nom en 1983. Le 18 mars, s’ouvre la « boîte à tubes ». Après trois ans de léthargie, les travaux ont été entrepris par Monsieur Claude JEANTEAU, qui propose un nouveau concept. La salle devient un cinéma qui se transforme en boîte de nuit. Au rez-de-chaussée, un snack propose une restauration moderne aux clients. L’affiche est alléchante et les projets ambitieux. On parle même d’y installer une radio libre nantie de toutes les autorisations nécessaires : Radio Champagne Argonne. L’entreprise fait figure d’exemple, mais dès le début de l’année 1985, l’entrepreneur connaît des difficultés financières (il a investi 3,6 millions de Francs dans l’affaire). Un comité de soutien se forme « chargé d’étudier les possibilités afin d’éviter la fermeture de l’établissement ». Ce comité n’aura guère le temps d’entreprendre une réelle action. Le 1er décembre 1985, un incendie détruisait les installations de la boîte à tubes. Beaucoup de temps sera nécessaire pour que le cinéma renaisse de ses cendres. Dans un article de l’Union, Isabelle DUBOIS, la journaliste, explique : « L’enquête a révélé que l’incendie était d’origine criminelle, mais le dossier n’est toujours pas classé et risque de traîner »

En janvier 1989, Jean-Luc HANNEQUIN, promoteur de la société Excalibur, promet l’ouverture d’un cinéma du même nom et d’un restaurant-bar « Le Napoléon ». Mais le dossier n’aboutit pas. On croit même un moment que le nom « Le Casino » pourrait refleurir le fronton de l’établissement, quand Monsieur Domingo CARDOSO se montre intéressé par la reprise. La salle ouvre en octobre et cent deux spectateurs assistent à la projection d’Indiana Jones. Quelques jours plus tard, la boîte ouvre ses portes à un public ravi. Fin juillet, quatorze mille huit cent cinéphiles ont apprécié la nouvelle structure.

Las, dès janvier 1992, on annonce le redressement judiciaire de la société. En septembre, un repreneur se manifeste. Monsieur Sébastien SANCHEZ annonce l’ouverture du « JUMP », géré par Corinne et Xavier. Mais les problèmes restent les mêmes et Robert GAUTIER, le maire, n’est pas satisfait. La salle n’est toujours pas rentable. Pourtant, des efforts sont faits : les locaux sont rénovés. Un nouveau gérant, Eric LENGRAND, participe à plusieurs éditions de la fête du cinéma, lance un programme arts et essais.

La tempête de décembre 1999 n’épargne pas la toiture qui est détruite en grande partie. L’obstination d’Eric LENGRAND permet la réouverture dès le 1er avril 2000.

Pourtant, en septembre, ce dernier passe la main à Monsieur BENDER, jusqu’alors patron de la « Cervoise », qui baptise le lieu « Le Kapittell », du nom d’une bière belge. Le nom change mais le concept reste le même.

La façade centenaire va subir une cure de jouvence en 2001 [1] . On se penche alors sur l’histoire du bâtiment pour que les tailleurs de pierre puissent lui redonner son caractère authentique.

Différentes hypothèses ont été émises concernant des trous mutilant la façade : mitraillage à l’occasion de la libération de la ville le 30 août 1944 ? Balles tirées par des avions italiens en juin 1940 ?

Les ouvriers ont passé trois semaines du mois de mars 2001 pour réparer les outrages. La verrière, conçue en 1903 par l’architecte PICQUART pour éclairer la salle a été, elle aussi, rénovée.

La vie du cinéma continue aujourd’hui, dirigée par Monsieur Bernard LANFROY, qui programme des films à succès, une façon de limiter les risques d’une telle entreprise et de pérenniser ainsi l’existence d’un élément de la vie culturelle locale.

La construction de la salle des fêtes du quartier Valmy et l’annonce de l’installation d’un système de retransmission par satellite sur écran géant (VTHR) ont fait craindre une désaffection du cinéma en centre ville.

En fait, le projet VTHR n’a jamais vu le jour et la salle des fêtes remplit d’autres fonctions.

La salle du « Casino » reste donc promise à de nombreuses projections, même si l’existence d’une salle de cinéma à Sainte-Ménehould semble être promise à une remise en cause perpétuelle. La façade de l’édifice, tant décriée par BAILLON (Sainte-Ménehould et ses environs) fait partie aujourd’hui du patrimoine local inaliénable.

- Documentation : J. HAMM
- Sources : Archives – Journal l’Union – Bulletin Municipal – BAILLON (Sainte-Ménehould et ses environs).

Notes

[1Le programme de rénovation est lancé par la municipalité. La pierre est abîmée, la verrière a été en partie obstruée.

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