Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

MENEHILDIENS ET ARGONNAIS D’HIER

L’YVAN NOUS A QUITTE

dimanche 17 octobre 2004, par Patrick Desingly


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Nous évoquons aujourd’hui un de nos concitoyens, qui a marqué d’une façon originale la vie de la cité et qui n’est que depuis quelques semaines à classer dans les ménéhildiens d’hier.

Pour retracer la vie mouvementée d’Yvan DESINGLY, donnons la parole à notre vice-président, qui prononça en l’église Saint-Charles de Sainte-Ménehould, son éloge funèbre. Dans le prochain numéro, nous reviendrons sur certains aspects, les plus originaux, de la vie de cet argonnais hors du commun.

« Argonnais, Yvan est né le 14.09.1918 à Châtillon-sur-Saône, du fait de l’évacuation. Il vécut une enfance simple et heureuse dans une famille passionnée de sport. La vie de ses parents lui apprit très tôt que le travail mène à l’indépendance.

Yvan a grandi en Argonne, au milieu de la nature, jusqu’à son entrée à Reims dans un lycée professionnel. Puis il effectue son service militaire dans les transmissions et fait donc partie, aujourd’hui, des anciens combattants.

Pendant la seconde guerre mondiale, il décroche ses diplômes de moniteur d’éducation physique, de maître nageur sauveteur, au fort d’Antibes. Professeur d’éducation physique itinérant dans les écoles primaires, il se marie, en 1943 à Reims. De cette union naquirent deux enfants : Joël et Françoise.

A la fin des hostilités, il enseigne la gymnastique au lycée Chanzy. Jusqu’en 1958, son exceptionnelle constitution physique, une santé à toutes épreuves, lui permettent de cumuler diverses activités. Avant l’heure, il devient un commerçant multicartes (armurier, poissonnier, réparateur de solex, de télé…). Il a le sens des affaires.

Eclectique, il sait rebondir. Il aime relever les défis et le sport reste et restera toujours son violon d’Ingres. En 1960, il s’investit dans le tir à l’arc, pour devenir champion de France de tir à l’oiseau. Désormais, les exploits sportifs ne le quitteront plus :

- traversée de la Manche avec son pédale voile (1983)
- tour de France en pédalo
- descente du Rhin sur plus de mille kilomètres
- raid des canaux en région Nord - Pas de Calais
- championnat du monde de pédalo en Suisse
- championnat du monde de l’endurance

La liste est longue…

En 1963, il ouvre un restaurant « le Soleil d’Or » à l’emplacement de la banque d’Alsace Lorraine et s’engage à porter haut la gastronomie locale. Il crée une confrérie du pied de cochon et s’associe, en tant que membre, à plus de cent autres confréries nationales et européennes. Le folkloriste est né.

Il dépose, en 1967, au concours Lépine, son fameux « pied d’or ». Il crée le concours européen du pied de cochon. Son activité était inlassable. Elle se manifestait dans tous les domaines.
L’énergie était le trait essentiel de son caractère. Entreprenant, il s’engageait toujours à fond. Il a suivi, je crois, la voie que sa conscience lui a dictée, sans se soucier des reproches, ni des compliments.

Il avait l’esprit vif et ingénieux. Aussi, c’est sans doute dans son travail et dans ses défis qu’il se procurait les joies les plus pures. C’était un homme libre, sans moule et comme il aimait le dire, sans prétention : « pour faire des choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir ». D’un naturel sociable, il se prêtait volontiers à toutes les exigences de l’amitié, voire aux railleries. Il comptait de nombreux amis dans l’hexagone d’hier ou d’aujourd’hui : Achille Zavatta, Jean Richard, Henri Guybet, Pierre Bonte, Dutour, Cabu… et chez lui, l’amitié n’était pas un vain mot.

Assidu des plateaux de télé, de radio, il a été sans aucun doute un des meilleurs ambassadeurs de l’Argonne à travers la France, l’Europe, voire le monde. Des milliers de cartes postales ont franchi les frontières avec sa flamme d’oblitération.

Jusqu’à plus de quatre-vingts ans, faisant bien souvent la une des quotidiens, Yvan a su mettre en avant la fantaisie, l’audace, la curiosité. Il a été en quelque sorte une jeunesse continuée parce que sa vieillesse a été l’héritage de sa jeunesse.

Aujourd’hui, Yvan nous quitte. L’Argonne perd avec lui une figure emblématique, même si quelquefois son exubérance a été décriée, que sa forte personnalité dérangeait, je reste convaincu que la chaleur de sa sympathie, son rire franc, son action, feront naître des regrets unanimes à tous ceux qui l’ont approché ou connu.

Yvan, de tes multiples facettes, j’avais oublié le grand farceur. Aussi, peut-être as-tu décidé, le 9 juin vers 11h00, sans rien dire à personne, comme un peu à ton habitude, d’accrocher à ton actif un nouveau record d’endurance : en levant les yeux vers le ciel, partir pédaler pour l’éternité.

Aussi, pour conclure, j’emprunterai le titre du dernier livre de Sœur Emmanuelle « Vivre, à quoi ça sert ? » La réponse est peut-être dans tout ce que tu as fait. »

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