Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

FANTAISIE GASTRONOMIQUE

lundi 18 avril 2005, par H. Galoy


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Je veux,ô Ménehould, flétrir en quelques rimes
L’imposture des Charcutiers
Qui « ménéhouldisant » tant de pieds anonymes
ous cachent les célestes pieds.

Sitôt que de ces Pieds – j’entends les véritables –
Le goût m’eût été révélé,
J’eus honte d’avoir supporté sur ma table
Leurs indignes fac-similé.

Suaves pieds, de cochon, peut-on bien vous confondre
Avec ces cochons de pieds
Dont les stupides os ignorent l’art de fondre
Et dont la couenne est en papier !

Tandis qu’ô Pieds exquis en vous tout est caresse,
En vous tout est profit aussi
Et vous avez, ô pieds, un cœur plein de tendresse,
Si j’ose m’exprimer ainsi !

Vos moindres osselets sont une friandise
Où la dent prend un long plaisir
Quant à votre gratin, faut-il que je le dise ?
Et bien je m’en ferais mourir !

Puis vous êtes le fruit, Pieds sept fois adorables,
D’un apprêt secret, sibyllin,
Et vous cuisez avec les lenteurs vénérables
Sous l’œil d’un cuisinier – Merlin.

O Pieds charmants, telle est, je crois, votre légende :
Saint Laurent vous prêta son gril,
Saint Antoine, son compagnon, et la friande
Ménehould, son palais subtil.

A Monselet, du porc entonnant la louange,
Que n’étiez-vous plus familiers ?
Songeant à vos attraits, il eût crié : « Cher Ange !
Mon cœur est à tes divins pieds. »

Pour moi, des Lucullus commensal ordinaire,
Avec quelle félicité
Je vous vois sur la table, ô Pieds que je vénère,
Surgir dans votre Majesté !

Alors je me dépare de la sobre attitude
Fût-ce même chez Monsieur Fould,
Et vous dis plusieurs mots pleins de sollicitude,
O Pieds de Sainte-Ménehould !

Et tandis que mon hôte observe, acariâtre :
« Laissez-lui prendre un pied de chez vous… »
Comme la fable dit, j’en ai bientôt pris quatre,
En dépit des regards jaloux.

Ce n’est pas que je sois tant porté sur la bouche,
Mais je suis porté sur les pieds,
Argonnais municipe et c’est pourquoi j’embouche
Ces imposteurs de charcutiers,

Qui pendant vingt ans – de quel sourire traître ? –
Sous le nom de ces Pieds en Or,
Servi Dieu sait quels pieds – hélas, les leurs peut-être ?
Agrémentés de plus d’un cor…


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