Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LA PAGE DU POETE

L’INUTILE VOYAGE

lundi 21 juillet 2003, par Henry-Jacques


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Quand vous irez au village,De grands tas de pierres blanches,
Un jour de demain,Luisent au soleil.
Ne cherchez pas son imageUne senteur de fumée
Le long du chemin.Pend aux murs crevés ;
Ne guettez pas dans la rueL’été met des graminées
Le geste amicalEntre les pavés.
Fait à l’âme revenueDes fils de fer et de ronces
Par un toit natalSe mêlent, tordus ;
Ne guettez pas sur la porteA chaque pas on enfonce
Un signe chéri ;Dans des trous d’obus.
Pleurez : la bourgade est morteTout ce qui rendait si tendre
La maison aussi.Votre intérieur
La maison rouge et rustiqueEst là, broyé sous la cendre,
Où vous êtes néSans forme et couleur.
N’est plus qu’un amas de briquesVous irez dans les décombres,
Au tas calciné.Cœur bouleversé,
Les murs ont crevé la voûteCherchant, mais en vain, les ombres
De la cave au vin,D’un jeune passé.
La façade est sur la route,Insultant votre mémoire,
Le toit au jardin.Au mur qui se fend
Dans le carré de framboisesVous ne lirez plus l’histoire
Et de groseilliersD’un petit enfant.
Il y a des tas d’ardoisesAllez-vous-en sur la route ;
Et de fers rouillés.Ne revenez plus ici ;
Des rideaux flottent aux branches,La maison est morte, toute,
Aux crêpes pareils ;Votre enfance est morte aussi.

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Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne
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