Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LE CHANVRE ET LES HUILERIES

vendredi 23 janvier 2004, par Denis Marquet


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Il y a à peine cent vingt ans, à Verrières, on cultivait encore le chanvre dans des champs qu’on appelait chènevières, ce mot venant de chènevis, les graines du chanvre.

En 1811, la superficie des chènevières dépassait 18 hectares. En 1816, pour protéger les champs ensemencés en chanvre contre les nombreux pigeons du village, le Maire prend l’arrêté suivant : « Les pigeonniers devront être fermés pendant la tenue ordinaire des semences et des récoltes. Ainsi, au cours de l’année, les pigeons devront être enfermés à quatre reprises : du 1er mars au 15 avril, la première quinzaine de mai, du 15 juillet au 15 septembre et du 1er octobre au 15 novembre. Durant ces périodes, les pigeons seront considérés comme du gibier et il sera verbalisé contre les personnes qui tiendront leurs colombiers ouverts pour être des délinquants traduits au tribunal de police ».

Le chanvre arraché était roui dans des fossés appelés roises, routoirs ou encore raizes. Le chanvre roui était ensuite sillosé, puis passé au rouet par les ménagères, à la veillée et lissé dans le village même.

En 1836, on comptait dans le village dix-huit tisserands, dix-sept fileuses et deux chanvriers. En 1856, il y aura encore dix-huit tisserands et trois fileuses, mais en 1876 il ne restera que huit tisserands. En 1896, il n’y aura plus que quatre tisserands, tous de la Perrière, où certaines maisons sont encore appelées « maisons des tisserands ».

En plus du tissu fabriqué avec le chanvre, on produisit de l’huile avec le chènevis. Les graines étaient écrasées par une meule placée sur un pivot à plate-forme située à un mètre du sol et c’était un cheval qui actionnait cette meule.

Jarres et pots en grès utilisés pour conserver l’huile ( photo de Denis MARQUET. )

En 1811, il y avait déjà une huilerie dans le village. Elle se trouvait alors dans la Grand-Rue, à l’emplacement actuel de la maison « Villa Jeanne » de M. Albert JACQUESSON. Cette huilerie a fermé en 1850. L’année suivante, s’ouvrent deux nouvelles huileries, l’une rue Montier (maison de M. Luc JACQUOT) et l’autre rue de la Louvière (maison de M. Marcel HUSSENET). La première fermera en 1870 et la seconde en 1887.

Quelles traces reste-t-il actuellement de ces huileries ?

M. Marcel HUSSENET tient de son père que son arrière grand-père partait vendre dans le voisinage de l’huile qui était contenue dans les « buires ». Dans son étable, on peut encore voir sur une poutre du plafond de planches, une encoche où devait passer le pivot de la meule. Dans la cour, près de l’étable, se trouve une grande pierre assez plate, plutôt arrondie, avec au centre une petite plaque métallique percée d’un trou en son milieu. Cette plaque, affirme M. HUSSENET, se trouvait auparavant sur le sol de l’étable, à l’aplomb de l’encoche sur la poutre. Cette « pierre » faisait partie du moulin à huile qui a fonctionné pendant trente six ans.

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