Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LA POUPEE MYSTERE

lundi 19 janvier 2004, par Luc Delemotte


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Une curieuse aventure est advenue à un anglais amateur de poupées anciennes. David BROWN habite Leeds. Il a fait l’acquisition d’une scène en papier mâché à l’occasion d’une vente chez Christie’s, célèbre société de commissaires-priseurs de Londres. Cette scène, conditionnée dans un coffret, représente Sainte Agnès dans un bocage. Elle appartenait à Winneretta SINGER, de la famille SINGER des machines à coudre, qui devait devenir la Princesse de Polignac.

Dans le transport de Londres à Leeds, la poupée est abîmée. David BROWN demande à une amie, Joyce CARTER, de procéder à la réparation de cette nouvelle acquisition. C’est alors que l’artiste découvre, dans la tête de Sainte Agnès, une lettre datée de 1769 et envoyée de Sainte-Ménehould par M. DESSAND à sa tante, Mme BALLARDELLE, religieuse au couvent des Dames de l’Annonciation à Varennes. En voici le contenu :

A Ste. Manéhauld le 10 janvier 1769

Madame ma chere Tante

Permettez qu’au renouvellement de cette année J’aye l’honneur de vous présenter mes très humbles compliments ainsi que ceux de mes frères avec l’assurance des Vœux Sincères que Je fais pour votre conservation et l’accomplissement de vos désirs que je suis persuadé ne tendent qu’à ce qu’il y a de plus parfait. J’aye été sensiblement touché de la facheuse situation ou J’ay appris que vous étiez lors du passage de mon frère Couloumier l’officier à Varennes il a quelque mois, ce qui l’a privé de la satisfaction de vous voir comme il se l’était promis. Je prie le Seigneur de vous accorder une meilleure santé et de vous favoriser de l’abondance de Ses consolations et benedictions à proportion de vos peines et de vos souffrances.

Mon frère le prevost d’Attigny m’a fait passer une lettre de ma cousine Doré pour vous la faire parvenir avec neuf livres qu’elle vous prie de bien vouloir agreer, permettez que mes frères et moi y joignent pareille somme ce qui fera dix-huit livres qui doivent vous etre remis par le porteur de la presente. Je vous prie de vouloir bien vous souvenir de nous dans vos prieres et de m’accorder une part dans votre amitié avec l’honneur de votre estime que Je pretends meriter par les sentiments de mon cœur et l’attachement respectueux avec lequel j’ay l’honneur d’etre

Madame ma chere Tante

Votre tres humble et tres obeissant serviteur

DESSAND

Dans son courrier, madame Joyce CARTER cherche à savoir s’il existe une famille DESSAND en Argonne. Les premières recherches, menées par Monsieur Raymond CHARLES, généalogiste, sont pour l’instant restées infructueuses. Qui était donc ce Monsieur DESSAND, qui a pour frères le prévost d’Attigny et « COULOUMIER l’officier ». il a pour cousin une DORE. Comme le remarque Madame CARTER, il devait s’agir d’une famille occupant une position sociale confortable, puisque la somme de 18 livres envoyée à la tante nécessiteuse est importante pour l’époque.

Les recherches se poursuivent, avec l’aide de nos lecteurs, à qui nous lançons un appel.

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