Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

SUITE DU N°22

LE BALLON DE SERVON-MELZICOURT : AVANT ET APRES

lundi 19 avril 2004, par Monique Parmentier-Speck


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La cérémonie du lâcher de ballon eut lieu à Lille, le 26 juin 1785, sur le champ de Mars, devant un carré de spectateurs privilégiés inclus dans une enceinte de chaises, qui avaient payé six livres, les autres -debout- trois livres. La majorité des Lillois avaient observé la scène depuis la ville. A l’arrière plan, on reconnaît le dôme de Sainte Marie-Madeleine, la collégiale Saint Pierre, les églises Sainte Catherine et Saint Etienne.

Après avoir franchi cent vingt lieues en sept heures par la voie des airs, le retour des aéronautes dut plus lent. Le magistrat lillois avait envoyé un carrosse et le 30 août, vers 16 heures, ils furent accueillis à la porte de paris par une foule en liesse et reçus par un détachement de douze dragons jouant la musique du régiment. Au premier plan du tableau : un vendeur de journaux (« Feuilles de Flandre ») vante les performances réalisées, un marchand d’eau avec un grand réservoir au dos, propose à boire. En toile de fond : la porte de Paris, les fortifications, l’église Saint Sauveur, la Noble Tour, un moulin à vent.

Petit neveu de l’illustre Antoine WATTEAU, Louis-Joseph WATTEAU, né à Valenciennes en 1731, était venu étudier le dessin et la peinture à paris, où il recevra en 1751 la médaille de l’Académie Royale. Revenu à Valenciennes, il tient un atelier et reçoit des commandes religieuses et militaires. Mais c’est à Lille qu’il s’illustrera, apprécié des collectionneurs et des cercles acquis aux idées des Lumières. Nommé directeur de l’Ecole de dessin qui calquait son enseignement sur celui de l’Académie Royale, il sera membre de la toute récente Académie de Lille, en 1775. On fit souvent appel à lui, entre autres, pour commémorer des événements locaux officiels, telles ces deux œuvres, aujourd’hui exposées au Musée de l’Hospice Comtesse de Lille.

Louis WATTEAU « raconte » scrupuleusement les événements avec beaucoup de détails anecdotiques et pittoresques, sans grandiloquence. Les couleurs fraîches, délicates, sont posées avec précision et légèreté. Sa peinture n’a pas de portée instructive ni moralisante, mais elle divertit agréablement et a laissé de précieux témoignages.

Durant la révolution, Louis WATTEAU sera l’initiateur du premier Musée des Beaux Arts de Lille, en suggérant à la municipalité, dès 1791, de « sauvegarder et proposer à l’admiration du public les tableaux des grands maîtres confisqués aux maisons religieuses ou aux émigrés ».

Louis WATTEAU s’éteindra discrètement sous le Directoire (1798). Lille lui est redevable d’un rayonnement artistique certain dans cette fin agitée du XVIIIème siècle.

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