Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La Page du poète

ADMINISTRATEURS, MAIS NEANMOINS POETES

samedi 17 avril 2004


Version imprimable de cet article Version imprimable    Version PDF


Trois des membres de notre conseil d’administration fréquentent assidûment Erato. Ils ont accepté d’être rassemblés dans cette double page.

L’ARGONNE

C’est un charmant pays aux collines boisées
Traversé, çà et là, de profondes vallées
Où lentement s’écoulent fontaines et ruisseaux.
Cachée dans un écrin, l’Argonne est un cadeau.
Au printemps, c’est la fête. La forêt s’ensoleille.
Au royaume du vert, tout palpite, tout s’éveille.
Les parfums des sous-bois s’exhalent jusqu’à nous.
O ! matins délicieux, matins brumeux et doux !
Randonner solitaire ou avec des amis
Est la meilleure façon d’oublier ses soucis.
En été, quand la nuit rend les choses étranges,
Quand le couchant se teinte d’écarlate et d’orange,
Alors, c’est l’heure douteuse où la clarté s’enfuit,
L’heure où n’étant plus jour il n’est pas encore nuit.
Sous la voûte étoilée, merveille à contempler,
Dans le calme du soir il fait bon s’arrêter.
Mais l’été flamboyant soudain s’évanouit
Et l’admirable automne tout à coup resplendit.
Tous les arbres s’allument. L’incendie se propage
Aux fougères d’abord puis à tout le feuillage.
C’est le temps des couleurs, des récoltes au verger,
C’est aussi le moment où le cerf a bramé.
Bientôt l’hiver est là et les jours sont trop courts
Et la nature s’endort dans les bois d’alentour.
Si la pluie et le vent te chassent des sentiers,
Assieds-toi près de l’âtre devant un grand brasier.
En rêvant près du feu, ne sois pas impatient,
La forêt, en secret, prépare le printemps.
R. GERARDOT

SCENE DE LABOUR

Le fouet claque… les traits se tendent…
Le brabant sursaute… les éteules se fendent…
Et dans un grincement… pierrailleux… continuel…
Presque monotone… voici que soudain… tel…
Un ruban qu’on déroule… la terre jaillit…
S’étale… se retourne… se fend… emplit…
Le sillon… de son flot brunâtre… et cuivré…
Tandis que léger… du guéret… un brouillard s’est levé.
Et les quatre chevaux… du même effort… régulier…
Tranquille… suivent… sous l’œil du charretier…
La dernière raie… qu’hier… ils ont tracée…
Les muscles ondulent… sous leur peau plissée…
A les voir… on croirait… qu’ils tirent à peine…
Tant l’allure est constante… la marche sereine…
Dix-sept ans… ardent… fier… c’est Pierrot qui les conduit…
Un jeune de la terre… sa voix… il la grandit
Son fouet claque… il essaie… de gronder…
Et l’allure s’allonge… le brabant tourmenté…
Cahote en ferraillant… un charbon arraché…
Glisse le long du coutre… le labour est commencé…
Mais la matinée s’achève… le soleil est déjà haut…
Holà braves bêtes… un peu de repos…
Et Pierrot se retourne… contemple le sillon…
Un fin sourire… éclaire sa bouche… ride son menton…
La fierté du laboureur… lentement l’envahit…
En cet instant… il est créateur… son pouvoir l’éblouit.
La motte de terre… que lentement sa main émiette…
En holocauste… il l’offre… à la puissance céleste…
Merci Seigneur… de m’avoir fait laboureur…
Faites-moi digne… je vous prie… d’être ensuite… semeur.
J.L. PIERRE dit MERY

CHUT !…

Depuis que le vieux monsieurLes pierres du seuil
est partise feutrent de mousse
vers le soleil couchant,et chaque été
es volets closle jardin prend plus d’audace
gardent les souvenirsPetit à petit, paisiblement
et la cheminée ne respire plus…la maison s’est endormie…
Dans la boîte aux lettres
béante,Ce matin,
un rai de soleil…sur la porte,
La grille rouilléeun coup de poing
ne laisse passerrouge :
que des chats énamourés.« A VENDRE » !
M. PARMENTIER

Répondre à cet article

Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne
Association déclarée le 06 février 1998
Siége social : Hôtel de ville
B.P. 97- 51801 Sainte-Ménehould