Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

MENEHILDIENS ET ARGONNAIS D’HIER

Georges DAVID, brigadier de police

vendredi 16 avril 2004, par François Duboisy


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Nous inaugurons une nouvelle rubrique qui est un peu le pendant de celle qui est consacrée aux personnages célèbres. Ici, pas de notables ni de savants, ni d’officiers supérieurs, ni d’élus, mais des gens simples qui, par leur qualité ou leur originalité, ont su marquer la vie de la cité ou de notre petit « pays ».


Le 5 décembre 1958, vers minuit, Georges DAVID, brigadier de police de la ville de Sainte-Ménehould, quittait ce monde, emporté par une crise d’urémie qui l’avait amené à quitter son travail une semaine auparavant. Rien, malheureusement que de bien banal.

Et pourtant la nouvelle a jeté la ville et les villages environnants dans une véritable consternation, car le bonhomme, intelligent diplomate dévoué, toujours aimable et accueillant, avait su, dans des fonctions à priori peu faciles, devenir l’ami de tous.

Des origines modestes

Georges DAVID nait le 30.11.1906 à Sézanne. Son père est manœuvre dans une usine d’optique. Georges le suivra et deviendra salarié en 1933, après un service militaire fait à Mourmelon. En 1929, il avait épousé Lucie PILLET, de trois ans sa cadette. Sa première fille est née en 1932.

L’arrivée à Sainte-Ménehould

En relation avec Mademoiselle GARTNER, directrice de l’école Saint Charles, le couple décide, en janvier 1933, de traverser le département pour venir s’établir comme gens de maison chez des bourgeois ménéhildiens. Lui sera chauffeur, l’épouse cuisinière. Il en sera ainsi pendant trois ans. Georges, dont la grande passion est la vie de famille, comprend vite que les exigences du travail qui est le sien lui pèsent. Il n’est pas question que la famille s’agrandisse dans ces conditions.

La promotion par la musique

Lorsque le poste de police municipale se trouva vacant, en 1936, il postula et fut retenu, car étant musicien, il lui fut fait obligation d’intégrer l’harmonie municipale, ce qu’il fit de bon gré.

Georges DAVID s’investit dans la vie de la cité

Tout d’abord, dans le cadre de ses fonctions, il va veiller sur la tranquillité de la ville. Il le fera avec efficacité et doigté, connaissant chaque quartier, chaque famille. C’est lui aussi qui avait la haute main sur l’organisation du marché et de la fameuse foire Sainte Martin. Diplomate mais ferme, il était considéré comme le camarade et l’ami de tous.

Son autre passion : la musique. Il va la cultiver inlassablement. Après la guerre, il va reconstituer, avec Jean DUMONT, la musique municipale qui se produit d’abord en philharmonie puis en harmonie, sous la baguette de Monsieur BARRAULT (voir n°11 de la revue). Cette formation va péricliter (voir n°21). Alors il va parvenir, en collaboration avec Monsieur HYONNE de Givry-en-Argonne, à reconstituer une société d’harmonie sous l’égide de l’Aiglonne. Ainsi, il figure en bonne place sur les photos que nous peublierons de la fameuse prestation des musiciens argonnais à l’émission 36 chandelles.

Le musicien était doublé d’un sportif. Il accompagna, pendant toute sa carrière ménéhildienne, le sporting club, tout d’abord comme joueur, puis comme dirigeant. Pendant la dure période de la guerre où il exerça ses fonctions sans trahir son patriotisme, il parvint à réssuciter le club tombé en léthargie. Et puis, contre vents et marées, il tint bon la barre. Fidèle au poste, il fit partie de tous les comités jusqu’à sa mort. Eclectique, il s’intéressait à la marche. Il faut dire qu’à cette époque, la mythique épreuve « Strasbourg-Paris » passait dans notre cité. C’était l’époque des Zami, Roger, Cuny, que l’on attendait avec impatience sur la place de l’Hôtel de Ville, où ils étaient contrôlés. Là, ils pouvaient se restaurer et se reposer. Toute l’organisation de ce point de passage reposait sur son dévouement, ce qui valu à sa veuve de recevoir une touchante lettre de condoléances d’Emile ANTHOINE, légendaire président national de la fédération de marche.

Voilà comment un homme, sans formation particulière, a sur se faire une place exceptionnelle dans la cité. Chez lui, les qualités de cœur et l’intelligence pragmatique tenaient lieu de laissez-passer pour atteindre à la notoriété et conquérir l’estime de chacun.


Georges DAVID, ailier de l’équipe des vétérans du sporting.


1er rang : DAVID, HERREWYN, GELEY, JAUNET Camille, MANGEOT.


2ème rang : CHARBONNIER, WEPIERE, JAUNET Maurice, CRUCHON,
JACQUEMET, ROUYER, LELIEVRE, DEPORS, CORDIER.

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