Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

1914-1918

mardi 20 juillet 2004, par Roger Berdold


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L’Argonnaute fut un des journaux les plus intéressants et les plus caractéristiques de la presse du front. Tout en publiant des fantaisies susceptibles d’amuser tous les poilus, il garda une tenue littéraire très particulière. L’Argonnaute fut créé le 1er janvier 1916 par deux lettrés, le poète Henry Jacques et Maurice Renard, tous deux caporaux au 2ème bataillon du 25èmeR.I. Le titre de ce journal trouve son explication dans le lieu où le journal naquit : en Argonne, alors que le bataillon était en réserve au ravin de Saint-Thomas, au sud du bois de la Gruerie.

A part de rares exceptions, les auteurs de tous les textes sont les deux directeurs fondateurs. L’Argonnaute publia soixante numéros et fut tiré à quatre vingt exemplaires, le dernier porte la date de décembre 1918 et janvier 1919.

Extraits de l’Argonnaute :

« LE VAGUEMESTRE »


« Malgré son titre, qui ne manque pas d’allure, ce n’est, somme touche – pardon, somme toute – qu’un facteur rural.

Sous une enveloppe souvent rude, il est cependant fort aimé des soldats, qui apprécient en lui sa franchise militaire.

Il n’a pas de botte ni même de képi. Il se contente d’une sacoche et d’un casque. Parfois aussi d’une voiture. Car il est aussi camionneur, ayant maints colis à transporter. Ce n’est pas un ballot.

Fonctionnaire poilu, soumis à une rude besogne, il est préférable qu’il ne soit pas timbré. N’ayant pas de guichet, il est nécessairement affranchi des préjugés bureaucratiques. Pourtant, il n’est pas insensible aux recommandations.

C’est un non-combattant. Mais il n’est pas exempt de dangers. Il est habitué à manipuler chaque jour des lettres chargées et il est soumis aux explosions de colère des bonshommes dont le courrier est en retard. Mais il n’a pas la langue dans sa sacoche et il sait les remettre en place et même les fiche dedans. Cela ne fait pas un pli.

Il arrive souvent à l’heure des marmites. D’où l’expression célèbre aux armées : « Boum ! voilà l’facteur ! »



« LA CULOTTE DE BERNSTORFF »

« Parmi les officiers allemands faits prisonniers au tunnel du Mort-Homme, près de Verdun, se trouvait le comte Bernstorff, neveu de l’ambassadeur allemand en Amérique. L’usage veut, et il n’est certes pas inutile, qu’on désinfecte les vêtements de tous les prisonniers avant de les renvoyer à l’arrière. Or, Bernstorff portait une superbe culotte en peau de daim. Arrivé au camp de la première ligne, il supplia qu’on ne la passât pas à l’étuve. Le décrasseur de Boches fut impitoyable. Il arriva que, dans la vapeur de l’appareil désinfectant, la peau de daim se ratatina, si bien que la belle culotte en sortit avec des proportions de celle d’un enfant de six ans. Le matin, on pouvait voir le comte Bernstorff, en caleçon, brandir sa petite culotte, en remplissant le camp de ses réclamations. »



Documents fournis par M. BERDOLD


En faisant preuve d’observation et de perspicacité, vous reconnaîtrez cette place où se presse la troupe un jour de 1915… Vous trouverez la réponse en page 34. Les lieux n’ont pas beaucoup changé et la Mairie occupe toujours le même bâtiment. Toutefois, le terme « ville de l’Argonne » est présomptueux. Il y a aujourd’hui dans cette commune moins d’habitants que de soldats sur la photographie.

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