Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du poète

Ma chère Argonne – En plein bois (1885

jeudi 15 juillet 2004, par Jules Forget


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Voici que la forêt bourgeonne ;

Aux doux baisers de mars l’hiver s’est attiédi ;

Mais dans mon cœur soudain la tristesse a grandi

Et je songe à ma chère Argonne ;

Mon Argonne aux ravins ombreux,

Où les ruisseaux sous l’herbe étouffent leurs murmures,

Où les chênes, dressant librement leurs ramures,

S’élancent droits et vigoureux ;

Mon Argonne aux gorges sauvages,

Où l’étang bleu sommeille à l’ombre des roseaux

Et berce, avec un doux frisson, ses claires eaux

Où tremble un reflet des rivages ;

Mon Argonne aux fiers habitants ;

Serpe et cognée en main ainsi que leurs ancêtres,

Ils vivent seuls, au fond des bois, et les vieux hêtres

Tombent sous leurs coups haletants ;

Mon Argonne aux croupes diffuses,

Dont on voit dans la brume ondoyer les replis

Et s’épaissir au loin les noirs massifs remplis

De mystère et de voix confuses.

O qui me rendra mes amours,

L’Argonne, ses forêts fraîches et son silence ?

Le temps fuit, mais jamais la douce souvenance ;

L’Argonne, j’y songe toujours !

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