Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

MENEHILDIENS ET ARGONNAIS D’HIER

A bicyclette…

lundi 12 juillet 2004, par Roger Berdold


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Nous continuons à évoquer nos concitoyens du siècle dernier. Aujourd’hui, Emile DEPORS, père de Jean DEPORS, créateur du club du 3ème âge, qui a donné son nom à la salle municipale du centre ville.

C’est en 1906 que Monsieur DEPORS vient s’installer à Sainte-Ménehould, où il ouvre un magasin de cycles et un atelier de réparations. Il devient alors l’agent d’une marque régionale, les cycles « SOYEUX » de Givry-en-Argonne, puis de la marque nationale « PEUGEOT ». Le petit magasin de la rue Chanzy, coincé entre l’hôtel-restaurant « Le Cheval rouge » et le commerce de couronnes mortuaires « Pierrard » connaît ses heures de gloire avec ce commerce innovant pour l’époque.

En ce début du XXème siècle, Sainte-Ménehould est la ville des cuirassiers. Le 6ème « Cuir » fait l’ambiance et la fortune de la capitale Argonnaise et les officiers, souvent d’origine bourgeoise, mènent grande vie.

La ville vit dans une atmosphère de fête perpétuelle, les lumières des rues s’éteignent tard et les pavés résonnent sans cesse sous les sabots des chevaux montés par des cavaliers en grande tenue.

La bicyclette a eu un tel succès, qu’il est normal que beaucoup de cuirassiers souhaitent posséder un de ces engins à deux roues que l’on dit avoir été inventés par les deux Parisiens Pierre et Ernest MICHAUX ou par Pierre LALLEMENT, père de l’ancien curé de Moiremont (la discussion reste ouverte).

C’est une aubaine pour le commerce des cycles « DEPORS ».

Pour conserver cette bonne clientèle, le patron doit faire valoir à la fois ses qualités de technicien, car les problèmes mécaniques sont fréquents ; pédagogue, car il faut apprendre à ces novices à se maintenir en équilibre et banquier, car la vie sulfureuse dans une ville de garnison est très coûteuse et les soldes ne sont pas toujours à la hauteur des dépenses. C’est ainsi que Monsieur DEPORS doit souvent faire crédit.

Gare aux mauvais payeurs !

Un petit rapport au Colonel et le Père du Régiment veillera personnellement à ce que ses cavaliers respectent leurs engagements.

Mais voilà août 1914 et nos cuirassiers rejoignent le front pour défendre la patrie.

Même Monsieur DEPORS part servir, non pas au front en raison de son âge, mais dans une unité G.V.C. (Garde Voies et Communications) où il est nommé brigadier.

Adieu belles années et bonjour tristesse !

Le magasin d’Emile

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