Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La rubrique de Jeannine Cappy

Marcelle Desponds, couturière à domicile

mercredi 15 novembre 2006, par Jeannine Cappy


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Née à Chaudefontaine en 1897, Marcelle Duboisy part, aussitôt la première guerre mondiale, travailler aux établissements Mielle [1], à Châlons, qui, alors, s’appelait encore « sur Marne ». C’est là qu’elle fait la connaissance de John Desponds, un ancien militaire beaucoup plus âgé qu’elle, reconverti majordome dans le civil. Ils se marient, malheureusement pas pour longtemps. En 1929, elle est veuve. Elle a 32 ans, n’a pas d’enfant. et pour toute ressource une toute petite pension bien insuffisante pour la faire vivre.

Elle sait coudre. C’est probablement sa mère, Lucie, qui lui a appris. Elle décide de devenir couturière et revient près de sa famille à Sainte Ménehould où elle loue une petite maison rue de l’Ancien Milanais

Elle commence par travailler chez elle, pour les gens de son quartier. Elle sait tout faire, depuis les bleus de travail, les pantalons d’hommes, les robes, les costumes d’enfants, les tabliers, etc, mais aussi ce que l’on qualifierait aujourd’hui de « petits boulots » : mettre des pièces aux pantalons, retourner non seulement les cols et les poignets usagés, mais aussi les vestes, les manteaux,. rallonger ingénieusement les jupes et les robes trop courtes à l’aide de volants, de dentelles et de galons, retoucher et ajuster les vêtements des aînés pour les plus jeunes, en retailler d’autres dans ceux d’adultes... Bref, faire du neuf avec du vieux ! On ne gaspille rien à cette époque !......
Son savoir-faire est vite connu et grâce au bouche à oreille, sa clientèle s’étend rapidement. On la fait venir à domicile pour des journées entières. Elle est alors nourrie et éventuellement logée, mais sa rémunération ne relève d’aucun tarif préétabli, elle est laissée à l’appréciation de chacun ! On la considère plutôt comme une invitée, parfois même, une amie .

Dans certaines de ces familles, on se souvient encore d’elle aujourd’hui. Le ménéhildien Claude Virrion raconte :

« La quincaillerie « Malraison et Virrion » était alors située place d’Austerlitz et nous avons habité au dessus jusqu’en 1935 et ensuite rue des Six Frères. Nous étions six enfants, c’est dire s’il y avait à coudre depuis les petits vêtements jusqu’au raccommodage.! Un atelier de couture et de repassage avait été aménagé dans le grenier où trônait une machine Singer, la reine des machines à coudre d’alors. Madame Desponds venait y coudre des journées entières. Ces jours là, elle mangeait avec nous. Elle aimait bien aller à la cuisine aider à la confection des repas. C’était l’occasion pour elle d’échanger des recettes avec ma mère qui était lorraine. Jamais elle n’arrivait sans bonbons dans ses poches pour les enfants.
A l’occasion de son mariage en 1946, ma sœur Monique a sollicité son aide pour l’aider à choisir sa robe de mariée, ce qui n’était pas une mince affaire : Toute la famille s’est entassée avec elle dans la 402 familiale, direction, « la Maison du Mariage » à Reims.
Monique, devenue madame Laidebeur est allée habiter à Villemonble, en région parisienne. Quand des enfants sont venus au monde, il fallait bien les habiller ! Qu’à cela ne tienne, on venait chercher Marcelle Desponds en voiture et on la ramenait chez elle plusieurs jours après. »


Marie Cochet, de Valmy, se rappelle très bien Marcelle Desponds venant coudre chez ses parents, Robert et Reine Petitdidier à Somme-Tourbe quand elle était enfant.

Notes

[1Société à succursales multiples « Les Ecos ». Aujourd’hui, l’emplacement de son siège, rue Léon Bourgeois, est occupé par la bibliothèque Georges Pompidou.

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