Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’HOTEL DE METZ

dimanche 27 octobre 2002


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---------L’hôtel de Metz daterait de 1821 et le propriétaire était Monsieur BAZINET. Sa renommée a passé largement les frontières nationales grâce à la spécialité locale « Le pied de cochon à la Sainte-Ménehould ».
---------Cet hôtel était situé au 33 de la rue Chanzy. Il a disparu vers 1930 pour devenir un garage mécanique. En 1981, l’association l’Elan Argonnais rachète ses murs et y crée un centre d’aide par le travail.


---------Voilà la description qu’en donne, en 1909, Henri PAUPETTE :

---------« L’Hôtel de Metz, dont l’excellente réputation est plus que centenaire, a eu l’honneur de loger plusieurs princes de sang royal, dont un est monté sur le trône sous le nom de Louis-Philippe.
---------La chambre numéro un, qui ouvre sur le grand balcon de la rue Chanzy, porte encore actuellement le nom de chambre Louis-Philippe.
En dehors des princes de sang, l’hôtel de Metz a vu passer sous son porche et donné l’hospitalité à plusieurs princes de la science et de la littérature. Alexandre DUMAS, Victor HUGO, Georges SAND, etc… ont couché sous son toit et mangé à sa table.
---------Le premier, dans « La route de Varennes « a fait une très amusante description de la cuisine de l’hôtel, avec ses vieilles vaisselles, son vieux dressoir, ses vieux cuivres et son antique horloge, sans oublier la cage dans laquelle une petite boule de plume dort, la tête sous son aile, tranquille au milieu du tintamarre effrayant et du mouvement de l’hôtel.
---------Le second, Victor HUGO, dans son ouvrage « Le Rhin » a chanté les merveilles de la cuisine et les bonnes grâces de l’hôtesse qui, tout en surveillant sa cuisine, tout en excitant ses chefs, ses domestiques et ses servantes, en un mot tout en ayant l’œil à tout, au milieu d’un hôtel bondé de voyageurs, trouvait encore le moyen d’avoir un mot aimable pour chacun. »

---------Ajoutons quelques précisions et corrigeons les erreurs :
---------En ce qui concerne Louis-Philippe, il est vrai qu’en 1831, lors de son passage en notre ville, Louis-Philippe, après s’être arrêté à Valmy et à Dommartin-la-Planchette, aurait logé à l’hôtel de Metz, dans une chambre dite, par la suite, « chambre royale », dont l’ameublement avait été longtemps conservé intact. Des cartes postales anciennes en font foi. Malheureusement, ce bel aménagement, en particulier les tapisseries de cette chambre historique, ont été soigneusement décollées et replacées dans une riche demeure quelques années plus tard.

---------Quant à nos deux illustres auteurs, il faut d’abord rétablir la chronologie. C’est Victor HUGO qui, le premier, séjourne dans cette auberge. En 1838, il en fit une description enflammée dans le premier tome de son œuvre « le Rhin », texte bien souvent repris dans des bulletins locaux, si bien que nous ne croyons pas utile de vous le donner encore une fois à lire.
---------C’est le 21 juillet 1856 qu’Alexandre DUMAS s’élance de Châlons pour découvrir « la route de Varennes ». Il a, bien sûr, lu l’œuvre de son prédécesseur et s’arrête, en quelque sorte sur son conseil, à l’hôtel de Metz. Dans son texte qui parut en feuilleton en 1858, il ne fait que citer la description de Victor HUGO. Il ajoute : « J’entrai de plein bond dans la cuisine : tout était à sa place, le cuivre, la faïence, l’horloge, le lard, les pelles et pincettes » tout, excepté le petit oiseau qui était mort de vieillesse.
---------L’hôtesse, Madame CHOLET, lui dit : « Je vois que vous avez lu ce que Monsieur Victor HUGO a dit de nous. Il nous a fait du grand bien avec quelques lignes. Dieu le bénisse ! » Ce que A. DUMAS résume ainsi « Un poète passe. Il est inconnu aux gens qui le reçoivent : il laisse, toujours inconnu, tomber quelques lignes de sa plume et la description d’une cuisine d’auberge ; un million d’hommes lisent cette description. Personne ne passe plus sans s’arrêter à l’auberge indiquée. La fortune de l’aubergiste est faite. »
---------La ville de Sainte-Ménehould, en reconnaissance du bon souvenir qu’avait gardé d’elle l’illustre auteur d’Hernani, décida, après la mort de celui-ci, de donner à la rue du Bois, qui conduit à la gare, le nom d’avenue Victor HUGO.


Victor HUGO au soir de sa vie

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