Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

HISTOIRE DE PONTS

vendredi 25 octobre 2002, par Emile Florion


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---------La Neuville-au-Pont doit son nom à sa situation sur l’Aisne et à la possibilité de franchir aisément les bras de cette rivière, dès la création du village, au moyen-âge. Un de nos abonnés, Emile FLORION [1], nous transmet d’intéressantes informations sur les ponts de son village.

---------Les habitants du village n’étaient pas peu fiers de ce pont, « le grand pont », ouvrage à la structure si légère et aérée, au parapet en fer forgé dont la date de construction m’est inconnue (cette carte date de 1906).
---------En juin 1940, quand le front des Ardennes céda et que les armées françaises et anglaises en fuite occupaient temporairement le village, une équipe du génie fut chargée de prévoir la destruction du « grand pont » et des trois autres sur le territoire.
---------Considérant que les chambres à mines situées au centre du pont n’étaient pas suffisantes, les militaires firent creuser, près des culées, rives droite et gauche, quatre cavités profondes, le tout bourré d’explosifs, dont le résultat fut la démolition complète du pont, avec les maisons les plus proches et la destruction partielle des habitations de la rue.
Quand la vie reprit au retour de l’évacuation, il fallut faciliter le passage de l’Aisne qui coupe le village de la Neuville en deux.

---------Comme la photo le montre, une passerelle volante fut posée sur les gravats. Elle permettait le passage des piétons [2].
---------Les véhicules, majoritairement hippomobiles, devaient faire un détour par les prés pour rejoindre l’abreuvoir de « la Poterne » où un gué peu profond avait rendu possible la construction d’un pont au niveau de l’eau et sans fondations importantes.
---------Ce franchissement de l’Aisne faisait l’objet d’une surveillance rigoureuse de la part de l’occupant. La rivière faisait frontière entre la zone occupée et la zone interdite. Comme à Menou et ailleurs, il fallait, pour franchir l’Aisne, un laissez-passer « ausweiss » délivré par la Kommandantur et qui, à la Neuville-au-Pont, occupait un immeuble placé près de la Mairie [3]. Les sentinelles allemandes contrôlaient rigoureusement le passage.
---------Un pont provisoire plus solide fut construit en amont des ruines, pour remplacer les passerelles que la première crue d’hiver avait emportées.

Notes

[1Emile FLORION, né en 1928 à Sainte-Ménehould, a quitté la ville en 1949, pour suivre une carrière de géomètre topographe à Châlons-sur-Marne.

[2Le petit pêcheur est Emile FLORION.

[3Dans la maison achetée plus tard par M. MARSAN. Les Allemands aimaient les belles demeures.

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