Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

DE LA TERRE A LA TABLE,

UN SIECLE DE FAÏENCE AU BOIS D’EPENSE

samedi 19 octobre 2002, par Sylvain Druet


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Exposition réalisée par les élèves de 4ème patrimoine collège et de 4ème Technologique
du lycée professionnel de Sainte Ménehould
Exposition du 24 juin au 27 octobre 2002



Ouverture sur la cité et partage des savoirs

---------L’histoire est faite de rencontre de personnes passionnées. La réalisation d’un projet tel que celui-ci a pu être achevée grâce à la patience, la gentillesse, les conseils et la disponibilité de nombreuses personnes. A commencer par Monsieur MOURLET, conservateur, qui a ouvert les portes du Musée Municipal de la ville de Sainte-Ménehould afin d’accueillir notre exposition. Monsieur MOURLET a saisi cette occasion pour faire découvrir au public le matériel de l’un des derniers potiers d’Argonne Monsieur Jules CHOPIN (Froidos). Un échantillonnage de moules, d’outils et de fabrications contemporaines sont venus enrichir les pièces des XVIIIème et XIXème siècles issus des fouilles archéologiques du Bois d’Epense en 1993. (présentation des outils et moules de Monsieur CHOPIN du 08 juillet au 24 septembre 2002).
---------La présentation dans ce lieu, ce « monument de la culture » permet d’intégrer les élèves dans un environnement social et culturel qui dépasse plus largement les limites de l’établissement scolaire, l’ouvre sur la cité et son environnement. Cela permet aussi, et cela est bien mérité, de valoriser leur travail, parfois trop méconnu. L’élève n’est plus ici, comme on a souvent tendance à se le représenter, récepteur des savoirs mais acteur.
---------Partis à une quête des personnes détenant des informations, des documents, des savoirs techniques pour la fabrication de la faïence, l’histoire du Bois d’Epense… , les élèves se les sont appropriés pour les faire partager.
---------Dans ce domaine les connaissances, les conseils de Messieurs JOUETRE et MARTIN, collectionneurs et propriétaires du Bois d’Epense, nous ont été précieux. Grâce à leur prêt de matériel archéologique, les élèves ont pu montrer concrètement les différentes étapes de la fabrication de la faïence. Ils ont étayé leur exposé par l’étude de l’Encyclopédie de DIDEROT et D’ALEMBERT, édition du XVIIIè, conservée à la Bibliothèque Municipale.
---------Les cours sur les techniques et les décors de Mlle CAPELLE, céramiste ; l’accueil de Monsieur LANGE, dans son atelier de potier à Passavant ont favorisé la réussite de ce travail.


Installation de l’exposition au Musée



Moules pour le façonnage (vitrine réalisée par les élèves)


Patrimoine et identité


---------Au delà des objectifs pédagogiques, du travail sur des supports aussi variés que l’informatique, les appareils photos numériques, travailler sur le patrimoine local, industriel et artistique permet à l’élève de découvrir différemment son environnement proche, se repérer dans l’espace et le temps. Il appréhende davantage ce qu’est la notion de « région argonnaise ». Il découvre ou redécouvre un univers qui lui est, ou qu’il croit familier (« Les Islettes on connaît … » )

Rêvons ?



---------L’Argonne a de tout temps été un région de fabrication de céramique . Le souci de conservation de monsieur MOURLET, la collection de messieurs JOUETRE et MARTIN, le travail du dernier potier d’Argonne, monsieur LANGE, et celui des élèves : tous à leur manière font perdurer cette tradition. Il faut espérer que ces actions, comme d’autres encore, encouragent la création d’un Musée de la faïence, non plus imaginaire.
---------Rêvons encore ? Aujourd’hui la mémoire de la tradition argonnaise de la céramique est dispersée. Est-il insensé d’espérer une exposition réunissant les différents centres de production ? une exposition plus complète sur la vie et le travail de Monsieur CHOPIN ?

L’équipe pédagogique lycée - collège


POURQUOI DES FAÏENCES EN ARGONNE ?

---------La faïence s’est développée en Argonne au XVIIIème, grâce à quatre facteurs naturels et humains :

- la gaize qui donne la pierre réfractaire pour les fours.
- une argile de bonne qualité mais insuffisante dans les périodes de grande production
- l’eau de l’Aire, de la Biesme et de leurs petits affluents.
- le bois en abondance.
- une tradition céramique ancienne
- la proximité de la Lorraine : région de production de faïence elle est un vivier proche de faïenciers, de peintres voire des apprentis et ouvriers. Ainsi on avait une main d’œuvre nombreuse au XVIIIème siècle : la faïencerie du Bois d’Epense employait 300 ouvriers au début du XIXème siècle.

La famille Bernard :
la grande période de la faïencerie

---------La première faïencerie du Bois d’Epense est peu connue : elle aurait été fondée en 1735 par Henri Louis Leclerc, et aurait fermé en 1742. C’est en 1756 que commence la production avec la famille Bernard, qui a rendu célèbre cette faïencerie : Joseph Bernard la rachète et obtient sur arrêt du Conseil du parlement de Paris le privilège royal d’exercer son activité. Il meurt en 1785 : son fils, François lui succède : il est considéré comme le véritable créateur de la faïencerie et développe le décor de petit feu.

---------A sa mort en 1800, son épouse, Barbe Aubry lui succède avec leur fils, Jacques Henri qui épouse Marie Parpaite (ou Parpraite). C’est la célèbre Mme Bernard, qui servit de modèle à de nombreux décors de la production. Elle dirigea en véritable maîtresse femme la faïencerie de 1823 (mort de Jacques Henri) à sa mort en 1836. Son fils Joseph Désiré lui succède mais la faïencerie fait faillite en 1840. Rachetée par les frères Godéchal de Bar-le-duc, elle ferme définitivement en 1848.

Une faïencerie champenoise ou lorraine ?

---------Le lieu de production du Bois-d’Epense était dans le comté de Champagne, sur le territoire de la commune de Sainte Ménehould. Il présentait comme avantage la présence d’argile et l’eau de la Biesme. Cette petite rivière est la frontière avec le village voisin, Les Islettes, en Lorraine, où résidaient les ouvriers. On retiendra donc la double appellation « Le Bois d’Epense-Les Islettes ».

Gravure extraite de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert
(Bibliothèque municipale)


LA BOUQUINERIE DE HANS – MAISON DE LA PRESSE LANFROY
Plaisir de lire



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