Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

PERSONNAGES CELEBRES

UN POETE ET AUTEUR DRAMATIQUE ARGONNAIS Casimir BONJOUR

mercredi 16 octobre 2002


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---------Casimir BONJOUR naquit à Clermont-en-Argonne, en 1795. Il était le fils d’un sous-officier de gendarmerie qui vint dans la suite habiter la ville de Reims. L’intelligence de Casimir BONJOUR fut remarquée par un ami de la famille. Celui-ci fit entrer l’enfant au Collège de l’antique cité rémoise. L’écolier profita amplement de l’instruction dont il bénéficia ainsi gratuitement. A la fin de son année de rhétorique, ses succès lui valurent, à la distribution des prix et suivant un usage consacré, la dignité d’Apollon. Le Dieu d’un jour, revêtu du costume mythologique, distribua des couronnes universitaires et pour clore la solennité, adressa à ses condisciples, les jeunes lauréats, un discours très remarqué, dit-on. Plus tard, Casimir BONJOUR n’oublia pas l’établissement où il avait fait ses premières études. Il créa au Collège des Bons-Enfants, devenu aujourd’hui Lycée de Reims, un prix et une bourse, cette dernière en faveur d’un élève peu fortuné qui se destine à l’Ecole normale supérieure.
---------A dix-huit ans, Casimir BONJOUR entre d’ailleurs à l’Ecole normale où il se distingue particulièrement comme helléniste. Sorti de l’établissement, après avoir enseigné quelques mois en province, il revint à Paris et fut attaché à l’institution Muison où il dirigea spécialement les études du jeune de Morny. Casimir fut nommé ensuite professeur suppléant de rhétorique au lycée Louis-le-Grand. En 1815, il abandonna l’enseignement pour la carrière administrative.
---------Placé par Monsieur d’Argout dans les bureaux du ministère des finances, il se mit à cultiver le théâtre. D’après le Dictionnaire Larousse, trois succès à la Comédie Française marquèrent son début dans la vie dramatique : La Mère rivale, 1821 - L’Education ou Les Deux Cousines, 1823 et Le Mari à bonne fortune, 1824. Mais ces succès firent perdre au poète son emploi. M. de Villèle trouva « qu’il avait trop d’esprit pour travailler dans les bureaux ». La Biographie Didot ajoute « que la disgrâce de Casimir BONJOUR fut interprétée comme la punition de deux vers d’un de ses ouvrages, où l’on affecta de voir une allusion blessante pour une fortune financière de l’époque, dont l’origine était enveloppée d’une obscurité fâcheuse ». Voici ces vers :
---------« Il économisa cent mille francs de rente
---------Sur ses appointements, qui n’étaient que de trente »
---------Casimir BONJOUR accepta, dans la suite, une modeste pension sur la lliste civile de Charles X. S’étant éloigné presque complètement du théâtre, il devint un des collaborateurs du Constitutionnel. Son ambition était d’arriver à l’Académie. La première fois, il ne lui manqua qu’une voix pour être élu. Depuis, ses chances diminuèrent de plus en plus, si bien, qu’il lui fallut renoncer à l’espoir d’atteindre jamais au fauteuil.
---------Les qualités de Casimir BONJOUR étaient la vérité dans les caractères, la facilité élégante de la versification et surtout l’intention morale, habilement déguisée sous l’agrément de la forme. Casimir BONJOUR composait à son heure, mûrissait son idée et la retouchait sans cesse. Il songeait plus, en un mot, à sa réputation littéraire qu’à sa fortune. Voici la liste de ses principales oeuvres, outre celles indiquées plus haut : Le Protecteur et le Mari, 1829 - L’épreuve électorale, 1831, pièce politique froide et de peu d’intérêt - Le Presbytère, 1833 - Le Malheur du riche et le Bonheur du pauvre, 1836, roman de moeurs - Les Hautes Etudes, 1844, pièce remarquable au point de vue du sujet et des caractères.
---------En général, les nombreuses productions de Casimir BONJOUR se distinguent moins par le mouvement dramatique et la force comique que par l’esprit, la finesse et la grâce. Il n’est pas inutile d’ajouter que ses pièces sont toujours honnêtes et que :
---------« La mère, sans danger, y conduira sa fille »
---------La petite ville de Clermont-en-Argonne a honoré la mémoire du poète en donnant son nom à une rue principale du bourg. La rue Casimir BONJOUR est très connue des touristes, car c’est elle qui conduit à l’église de Clermont, monument du XVème siècle dont l’intérêt architectural fait l’admiration des connaisseurs.

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