Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

INSIGNES DE LA SOCIETE DE SECOURS MUTUELS DE LA NEUVILLE-AU-PONT

vendredi 16 novembre 2007, par Jean-Claude Léger


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La Société de Secours Mutuels de La Neuville-au-Pont fut créée officiellement le 7 décembre 1859 par un arrêté préfectoral. Elle avait pour but, selon ses statuts de donner les soins et les médicaments aux membres participants malades et de leur payer une indemnité pendant la durée de leurs maladies. Dès le 1er janvier 1860 le livre de caisse a été coté et paraphé par le Président Mr Aumignon. A l’origine, il apparaît que les participants étaient au nombre de 94 et le nombre des membres honoraires s’élèvait à 34. Au 31 décembre 1860 il subsistait seulement 51 participants et encore 27 membres honoraires. Cette première année à vu secourir 15 membres participants pour un total de 187 journées de maladies. Elle se termine financièrement par des recettes d’un montant total de 822,50 F et un total de dépenses s’élevant à 278,70 F.

Les premiers insignes apparaissent en août 1888 pour une facture de 66,95 F, c’est en 1869 que la Société achète sa bannière. En 1877 un autre versement de 57 F est consenti pour décorations et diplômes et en 1921 la Maison Berthier de Monteux dans le Vaucluse facture pour 53,65 F la fabrication et l’expédition de 65 insignes.
Il existe aux Archives Départementales de la Marne des décorations aux armes de la Société de Secours Mutuels de La Neuville-au-Pont dans le fonds LEON BOURGEOIS (J 1120). Léon Bourgeois était natif de Paris, né en 1851, il se mariera à Châlons sur Marne en 1876, il décédera à Oger, Marne, en 1925. Ce sont les trois seules décorations connues à ce jour, dont une spéciale destinée à honorer un Membre Honoraire.

Les archives de la Société de Secours Mutuels de La Neuville-au-Pont sont conservées à la mairie du village. Aucune mention concernant une remise de décoration à des membres honoraires ou bienfaiteurs n’est inscrite sur le livre de compte de 1860 à 1886, ni de 1887 à 1926 ( un an après la mort de Léon Bourgeois ). Des noms bien connus en Argonne sont cités comme membres honoraires : le Comte de Dampierre, les Margaine, Bertrand, Autier et Pougnand. Aucune mention n’apparaît pour des cotisations au nom de Léon Bourgeois. Léon Bourgeois sera Secrétaire de la préfecture de Châlons-sur-Marne en décembre 1877 puis sous préfet de Reims en 1880. Il sera parlementaire à partir 1888 jusqu’à son décès en 1925. Sa principale préoccupation sera d’être au service du bien commun et de l’humanité. C’est en 1896 que paraît l’ouvrage de Léon Bourgeois « Solidarité ». Il se peut que les insignes découvertes aux Archives Départementales soient la juste reconnaissance des Macas envers leur député, mais, pour une triple reconnaissance, il faut peut-être en trouver la source dans une concordance politique radicale socialiste très nettement affirmée entre eux.
Ne voulant pas être chahuté par Alexandre Niess [1] qui a écrit : « que rien n’est plus faux que Léon Bourgeois soit présenté comme le Châlonnais, Prix Nobel de la Paix » [2], il n’a jamais été dit que Léon Bourgeois aurait pu être citoyen d’honneur de La Neuville-au-Pont malgré les trois insignes conservés par sa famille et déposés aux Archives Départementales de la Marne.

Notes

[1Alexandre Niess et Maurice Vaïsse « Léon Bourgeois du solidarisme à la Société des Nations » Editions Dominique Guéniot 2006 152 p.

[2Opuscule de Georges Clause « Léon Bourgeois, un châlonnais Prix Nobel de la Paix » édition Ville de Châlons-en-Champagne « Collection Histoire d’une Ville » 2001 53 p.

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