Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

...et la suite

Une Vierge peut en cacher une autre.

mardi 13 novembre 2007, par François Duboisy


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Monsieur Jean-Pierre Ravaux, conservateur honoraire du musée de Châlons en Champagne, que nous avons rencontré fortuitement, à la lecture de ce texte émet plusieurs objections :
« Il s’agit bien d’une sculpture médiévale. Or à cette époque, on ne représentait jamais des moines pieds nus. Quant aux autres personnages, il faut considérer que les têtes en plâtre ne sont pas d’époque. Elle furent réalisées postérieurement suite à des mutilations, certainement lors de la période révolutionnaire. Même si le nombre de personnages peut intriguer, je pense qu’il s’agit bien de la Dormition de la Vierge. Le nombre de personnes peut intriguer, mais il n’est pas rare que les apôtres soient représentés avec un nombre différent de 12 (ils sont 11 sur le vitrail de Notre-Dame en Vaux de Châlons, représentant la Dormition de la vierge ; ils sont 8 sur la poutre de gloire de l’Epine ; ils sont 6 au portail nord de la cathédrale de Reims ; mais ils sont 20 sur les vitraux du chevet de cette même cathédrale.) »
Il est bien malaisé de choisir entre ces deux thèses, niais il faut aussi prendre en compte les éléments suivants : Dans la bible on n’évoque pas la mort de la Vierge, que des traditions postérieures au nouveau testament fixent à Ephèse, dans la maison de Saint Jean. Le dogme de l’assomption ne fut codifié qu’en 1950. S’il s’agit de la vierge, il faut voir là une représentation symbolique et non historique des liens entre Marie et les apôtres. Dans l’histoire de l’église du château, parue en 1930, il est écrit que le groupe sculpté représente "la Sainte Vierge sur son lit de mort. Huit apôtres sont agenouillés, tenant un livre à la main. Quant aux deux autres personnages, il s’agit d’anges versant des larmes et soutenant la tête et les pieds de la vierge.
On peut retenir cette interprétation : deux anges aux pieds nus, au visage poupin, situés symétriquement dans la composition.
Mais où sont leurs ailes, rétorque Madame Parmentier qui y voit des novices n’ayant pas reçu tonsure et sandales. Pour les adultes, la question reste posée : pourquoi 8 ? pourquoi avec un livre à la main alors que les apôtres ne sont jamais représentés ainsi ?
Quant à Baillon, dans son histoire de « Sainte Ménehould et ses environs » paru en 1957, il dit de cette sculpture, qu’il trouve négligée comme exécution, que les personnages au nombre de huit, sont des assistants, terme peu explicite.
Il n’en reste pas moins qu’il est permis de souscrire à l’hypothèse de Madame Parmentier. Les têtes chenues des huit personnages ont peut-être été réalisées à l’identique quelques années après la mutilation du haut relief. Et c’est vrai que le réalisme des visages laisse penser à des personnes bien précises.
On attend des avis et des précisions complémentaires.

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