Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

VALMY, AN I DE LA REPUBLIQUE

samedi 24 février 2001


Version imprimable de cet article Version imprimable    Version PDF


---------Depuis la bataille de Valmy, le débat n’a pas cessé. Certains veulent en faire une victoire de l’armée royale, puisque la majorité des troupes (soldats et encadrement) servait déjà sous l’ancien régime. D’autres historiens réagissent contre cette thèse et attribuent la responsabilité du succès au peuple, bourgeois, artisans et paysans mêlés, soudés autour des valeurs portées par les mots Nation et Révolution. D’autres encore, voient dans le dénouement étonnant du combat, les suites d’ententes, de marchandages, voire de complots. Nous, nous donnons dans ce dernier registre, une thèse recueillie au gré de ses lectures, par Gérard MOURLET.
---------"Vers 11 heures, alors que rien ne bouge dans les lignes alliées, une formidable canonnade embrase le camp français. Des batteries se dévoilent à mi-pente sur toute la ligne de terrain qui relie Valmy au Mont Yvron. Spontanément, les batteries alliées répondent au même rythme et … avec autant d’inefficacité car en bout de portée. On ne s’entend plus, on ne se voit plus car, en absence de vent, la fumée reste sur place. Cette canonnade va durer 5 heures.
---------Sur ordre de KELLERMANN, le moulin de Valmy est détruit. Sa présence, sur ce point culminant, sert trop à l’ajustement des canonniers ennemis.
---------Autour du moulin de Valmy, le camp français présente toujours le même désordre. Dans cette foule grouillante, il est difficile de distinguer les régiments des uns et des autres. Quelle différence avec les Prussiens que DUMOURIEZ et KELLERMANN observent depuis le perron du moulin ! les carrés sont formés, alignés au cordeau. Derrière les premières lignes, on aperçoit des faisceaux de fusils ; la troupe de deuxième ligne est occupée à monter les tentes plus en arrière. L’attaque n’est donc pas pour tout de suite… Cependant, les artilleurs continuent leur démonstration aussi bruyante qu’enfumante et avec autant d’inefficacité de part et d’autre. Cela dure depuis déjà quatre heures et il n’y a pas de raison pour que cela s’arrête.Vers onze heures, abandonnant toute prudence, LOMBARD, le secrétaire particulier du Roi de Prusse, part avec trois de ses amis pour observer la bataille. Ces jeunes gens empruntent la route de Berzieux puis, après avoir franchi la voie romaine, coupent à travers champs. Ils vont s’installer sur la hauteur qui domine la vallée de la Bionne. De là on aperçoit, au milieu de la fumée, les premiers carrés de Kalkreuth.
---------Emerveillés par le spectacle, ils ne voient pas les Hussards de DUVAL qui fondent sur eux … En deux minutes, le drame est joué.
---------Sans rien avoir compris, trois jeunes gens baignent dans leur sang, le corps haché. LOMBARD, par miracle, a été épargné. Il se retrouve seulement à genoux avec au-dessus de lui un immense Hussard bleu aux yeux de braise qui pointe un sabre recourbé sur sa poitrine … Des ordres fusent, il est jeté comme un sac sur un cheval et on l’entraîne à bride abattue.
---------Sans le savoir, les hommes de DUVAL viennent de faire prisonnier celui dont va dépendre, un instant, le sort de l’armée française. Après l’interrogatoire de LOMBARD, DUMOURIEZ, songeur, revient au château de Braux. Il s’entretient longuement avec le jeune LOMBARD. Seuls VOUILLERS, le chef d’Etat-Major et BEURNONVILLE assistent à l’entretien qui a d’ailleurs lieu pendant le déjeuner du Général. Personne ne relatera la teneur de l’entretien. L’usage voulait que l’on conserve un prisonnier d’une telle importance pour un échange éventuel ; or, à la surprise générale, DUMOURIEZ réclame un cheval pour le prisonnier et donne des ordres pour le relâcher sans contreparties. De quel message est-il porteur ? S’agit-il de propositions de pourparlers ou plus ? Personne n’en a jamais rien su.
---------Toujours est-il que LOMBARD est escorté à travers les lignes françaises par WESTERMAN, un ami de PETION et de DANTON, puis libéré vers 16h15 au niveau du village de Hans. A 17h00, il est reçu par Frédéric-Guillaume qui l’accueille avec une très grande émotion. Aux hommes de DUVAL qui s’impatientent, DUMOURIEZ donne l’ordre de rejoindre leur Général au plus vite et de lui dire de ne prendre aucune initiative. A 17h15, comme en réponse au cadeau de DUMOURIEZ, la canonnade cesse du côté prussien
".
---------Voilà, selon l’auteur que l’on ne souhaite pas sortir de l’anonymat, à quoi se résume la victoire de Valmy ! On notera le caractère « romanesque » du récit dans la revue « Angélique Marquise des Anges ». Plus sérieux est peut-être le discours que DUMOURIEZ prononça le 12 octobre à la convention nationale, soit juste à la fin de l’engagement militaire. Encore que ...

Répondre à cet article

Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne
Association déclarée le 06 février 1998
Siége social : Hôtel de ville
B.P. 97- 51801 Sainte-Ménehould