Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LE CONCERT DE 1945 DE L’HARMONIE MUNICIPALE DE SAINTE-MENEHOULD

vendredi 23 février 2001


Version imprimable de cet article Version imprimable    Version PDF


---------Au lendemain de l’occupation allemande, la France, prise d’allégresse, retrouve sa joie de vivre. Dans ce tourbillon la musique prend toute sa place, la chanson populaire et aussi la musique classique participent à la fête. Ainsi, l’harmonie municipale va connaître son heure de gloire qui étonnera bien des lecteurs, si on en juge au nombre d’exécutants que nous avons « repéré » sur les deux documents que nous publions. En donnant quelques informations sur chacun d’eux, glanées auprès de Madame HENRY et Robert OBELIANNE, nous souhaitons faire un peu revivre le Menou d’après guerre pour les plus jeunes lecteurs et raviver d’agréables souvenirs pour les plus anciens. Mais nous voudrions aussi que cette démarche soit interactive et que nos lecteurs nous donnent quelques précisions sur les musiciens dont nous n’avons pas percé le mystère.
---------Revenons donc à ce concert mémorable de 1945 qui se déroula dans la salle du casino comble. En prélude, un jeune soldat d’une vingtaine d’années monta sur scène et dit, avec une poignante émotion, un poème de Victor Hugo, en l’honneur des prisonniers de guerre. Son nom : Jacques DACQMINE. Il fit, par la suite, une brillante carrière au cinéma et surtout au théâtre, à la comédie française.
---------Puis il revint à Monsieur Jean BERTRAND de présenter les musiciens. La guerre avait mené ce Belge dans notre région. Il habita avec sa nombreuse famille (7 enfants) dans la maison DEMANGIN (actuellement SHOPI), et son fils, dans une maison de maître, à Verrières, qu’acheta plus tard le Docteur QUEINNEC. Cet homme avait, dit-on, tous les talents. Bon père de famille, musicien, poète et aussi homme d’affaires, puisqu’il était responsable de la fabrique Herbesan, dont la qualité se chantait sur les ondes de la radio : « La nature a fait les plantes Herbesan vous les présente et vous en serez content Herbesan, Herbesan ». Voici le texte de qualité, œuvre de Monsieur BERTRAND, qui avec délicatesse, présente tous ses collègues de ce jour :
---------Le rideau est levé et nous met en présence
---------Vous, aimable public, et nous les musiciens.
---------Et pour que règne ici l’antique bienséance,
---------Je vais vous présenter pour les connaître bien,
---------Ceux qui dans un instant charmeront votre ouïe
---------Par les sons harmonieux de tous leurs instruments.
---------Vous les verrez toujours la mine épanouie,
---------Car pour eux la musique est plus qu’un aliment.
---------Aux premiers violons, doyen de notre clique,
---------Expert, infatigable, voici Monsieur JANIN.(1)
---------Si nous aimons beaucoup son coup d’archet classique,
---------Nous goûterions aussi un peu de son bon vin.

---------(1) – M. JANIN – Il est marchand de vin. La maison CHARLES JANIN et fils, rue Bournizet a toujours pignon sur rue. C’est le grand-père de Roger CHARLES, Vice-Président de l’office de tourisme.

---------Fidèle comme lui et du même pupitre,
---------Madame Hubert ROBERT (2) prête son trémolo
---------Et c’est par là qu’elle est précieuse à plus d’un titre,
---------Tantôt au violon et tantôt à l’alto.

---------(2) – Mme ROBERT – C’est l’épouse du responsable de la fonderie de la Chiers, dont les caves, les « caves ROBERT » ont servi d’abri durant la guerre. C’est la mère de Madame GRABENSTAETTER.

---------De tous les violons il est le plus alerte
---------Vous le reconnaîtrez aisément entre cent,
---------C’est que Monsieur PERRIE (3) joue d’une main experte,
---------Et que même en jouant il a gardé l’accent.

Répondre à cet article

Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne
Association déclarée le 06 février 1998
Siége social : Hôtel de ville
B.P. 97- 51801 Sainte-Ménehould