Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

ECHOS DE LA GRANDE GUERRE EN ARGONNE

mercredi 19 septembre 2001, par Roger Berdold


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---------Nous publions trois textes qui éclairent ce conflit de lumières différentes, allant du drame au sourire.

EN CAPTIVITE PASSAGERE


---------La ville de Sainte-Ménehould fut occupée durant onze jours, du 4 au 14 septembre 1914. Le dimanche 13 septembre, les derniers fantassins allemands du 26ème I.R. Landwehr s’engouffrent dans la rue des Prés et se bousculent sans ménagement sur le pont des Maures. Les cavaliers du 19ème chasseurs traversent la ville en liesse et poursuivent l’ennemi. Puis c’est au tour du 51ème R.I. d’être accueilli par les Ménéhildiens.
---------La lingère de la maison GERAUDEL nous confirme la libération de la ville en ces termes :
---------« 13 septembre 1914 – 8h00 du soir – fusillade – plusieurs balles sont venues se loger dans les fenêtres de l’usine (pastillerie, rue Philippe de la Force) – quelques minutes après : bombardement par les Français.
---------14 septembre – 8h00 du matin – retour de l’armée Française ».
---------D’après le déroulement des évènements, l’on peut affirmer que l’entrevue ci-dessous, publiée le 17 novembre 1914 dans les colonnes du Daily Mail, s’est déroulée le 13 septembre 1914, à proximité de Sainte-Ménehould.

R. BERDOLD


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Conversation d’un prisonnier français avec le Kronprinz
17 novembre 1914


---------Un sous-lieutenant de l’infanterie coloniale qui, blessé, avait été recueilli et fait prisonnier par les Allemands pendant la bataille de la Marne, mais qui a été ensuite délivré par l’entrée des troupes françaises à Sainte-Ménehould, a fait à un rédacteur du Daily Mail le récit d’une entrevue qu’il eut avec le Kronprinz.
---------Relevé sur le champ de bataille et grièvement blessé, il avait été amené dans une ambulance allemande où il reçut la visite d’un officier supérieur, revêtu d’un caoutchouc et chaussé de bottes vernies. Rien n’indiquait le grade que cet officier pouvait avoir, mais la déférence et l’attitude de toutes les personnes qui l’entouraient indiquaient que c’était un personnage d’un rang élevé. Du reste, l’officier français apprit ensuite qu’il avait été en présence du fils aîné du Kaiser.
---------Le Kronprinz lui demanda ce qu’il faisait quand il fut pris et sut ainsi qu’il portait des ordres. Alors eut lieu le dialogue suivant :
---------Le Kronprinz – Quel est le moral des troupes françaises ?
---------Le Prisonnier – Vous voyez que je suis grièvement blessé. J’ai été toute la journée prisonnier, j’ai souffert mille tortures qu’augmentaient encore les cahots de la voiture et cependant mon moral n’est pas affecté du tout. Celui des troupes est pareil au mien et pas un homme ne doute du succès final des Français.
---------- Les soldats français savent-ils que les Allemands sont à Reims ?
---------- Certainement. Ils reçoivent régulièrement le Bulletin des Armées et savent que vous occupez Reims. Ils savent aussi que vous avez été repoussés à La Fère. Ce matin, un de vos soldats m’a dit que les Allemands étaient entrés dans Paris. Je n’ai pas jugé que cela valait la peine de le contredire, parce que je savais très bien que ce n’est pas vrai.
---------Le Kronprinz – Je vous remercie de ne pas l’avoir nié.
---------Ensuite, le kronprinz interrogea l’officier sur l’importance des forces françaises en campagne et celui-ci lui répondit :

Une caricature bien sévère

---------- Trois Corps d’armée et une division coloniale.
---------Cette information n’était pas exacte et l’officier français le savait très bien.
---------Le kronprinz lui demanda des détails sur les Corps d’armée et le prisonnier français lui donna des chiffres encore plus fantastiques qui causèrent visiblement une grande surprise au kronprinz et le plongèrent dans une profonde réflexion. Il demanda alors de quels éléments se composaient les forces françaises. Le prisonnier répondit que presque toutes les troupes françaises étaient des troupes régulières.

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