Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La Forêt communale de Sainte-Ménehould.

3ème partie : Les lieux-dits.

lundi 22 mars 2010, par Jeannine Cappy


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          L’origine, quelquefois mystérieuses de leur nom, a été brièvement évoquée dans le numéro 44 de notre revue.
          Mais Marcel Lehébel, technicien forestier retraité et ancien maire adjoint de La Grange aux Bois, ne s’est pas contenté de ces questions sans réponse. Cette forêt, il l’a parcourue maintes fois avec son père quand il était enfant. Rien de ce qui la touche ne le laisse indifférent. Après avoir « fouillé », non seulement dans ses archives, mais aussi dans sa mémoire, il a décrypté pour « Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne » presque tous les noms restés obscurs.
          Voici donc la liste des lieux-dits de la forêt communale, identifiés par un numéro que vous pourrez aisément localiser sur la carte ci-dessus
          1 Le Bas de Biesme :
Partie de la forêt communale qui jouxte la rivière Biesme.
          2 Les Germeries :
Il s’agit peut-être d’une ancienne pépinière ? Un hameau et une maison de garde-forestier existaient à cet endroit en 1886 [1] et une route forestière porte actuellement ce nom. Une partie du « Bois des Germeries » est une forêt privée.
           3 L’Affût des canons :
En 1792, pour tenter d’enrayer l’avancée des armées coalisées, nous dit Charles Buirette, « on fit des abattis dans la côte de Biesme : Des canons furent portés à la force des bras sur les coteaux et mamelons de la forêt. On plaça aussi des batteries sur le côté et sur le haut de la grande route » Cet endroit s’est appelé depuis, « l’Affût des canons » [2].

           4 Le chêne Napoléon, en bordure du bois Géraudel :
Chêne rouvre, d’une hauteur totale de 19 à 20 m et d’une circonférence de 3,73m mesurées en 2006 sur la bande peinte.
Situé en limite de la forêt communale, l’origine de son nom est incertaine. Deux hypothèses sont avancées :
- 1) Il aurait été planté pour célébrer une victoire de Napoléon 1er. Mais Marcel Lehébel n’est pas de cet avis. Pour lui, son implantation en limite de la forêt communale laisse penser qu’il est plutôt né d’un semis de hasard et aurait poussé là tout seul.
D’autre part, une étude faite en 2006 sur sa croissance lui donne, sans risque d’erreur, environ 280 ans alors que les victoires de Napoléon datent à peine de 200 ans.
- 2) Il aurait pu être baptisé ainsi par les forestiers à une époque où il était le plus gros et le plus beau de la forêt. Il a, depuis, perdu de grosses branches, et du même coup, beaucoup de sa superbe.
           5 La Croix Margot :
Du nom d’un bûcheron tué à cet endroit par la chute d’un arbre. La croix qui marquait l’endroit a disparu il y a une cinquantaine d’années.
           6 Le Charme Bouquet :
Jadis, se souvient Marcel Lehébel, à l’intersection de la route des Grands Plains et de la Haute Chevauchée, une source jaillissait. Elle était dominée par un très beau bouquet de charmes de belles dimensions ; d’où vraisemblablement l’origine du nom inversé de ce lieu dit. En 1963, la source était tarie.
           7 La Haute Chevauchée :
« Ancienne chaussée romaine qui suit les sommets les plus élevés de cette partie de la forêt et que pour cette raison, on nomme la Haute Chevauchée » [3]. Ce chemin reliait, dans sa partie marnaise, Passavant à Florent. Au « Charme Bouquet », à environ 300m du Chêne Napoléon, il croise la route des Grands Plains avec laquelle il se confond jusqu’à la RD 3 (ex N3 ).
Qu’il passe dans des forêts privées ou publiques, le chemin de la Haute Chevauchée est toujours la propriété de la commune dont il traverse le territoire, rappelle Marcel Lehébel.
           8 Le Jouc :
Sur d’anciens documents, le nom de ce lieu-dit était le « Jonc », l’endroit très humide est en effet envahi par les joncs. Il s’agit vraisemblablement d’une erreur de transcription, le n de jonc ayant été transformé en u.

Notes

[1d’après « Histoire de La Grange aux Bois de Théodule Goyeux ».

[2Voir pour plus de détails l’article de F.Duboisy sur ce sujet dans le numéro 30 de la revue.

[3Louis Brouillon, L’Argonne, guide du touriste et du promeneur.

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