Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du sourire.

Le gaillot.

dimanche 20 juin 2010, par François Mouton, Luc Delemotte


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La répartition de la population française a beaucoup évolué depuis ces dernières décennies. Il y a un siècle, la grande majorité des Français vivait à la campagne, en quasi autarcie, faisant appel à l’étable, au jardin et à la basse-cour pour survivre. Mais cela ne suffisait pas, car il était nécessaire de disposer d’un peu d’argent liquide pour faire face à certains besoins : achat d’un vêtement ou d’une paire de chaussures, d’un outil, paiement d’une consultation médicale, de médicaments, etc… Se procurer ces quelques espèces obligeait les campagnards à utiliser le fameux système D, si cher aux Gaulois que nous sommes (…ou prétendus tels !...) : certains vendaient quelques fruits et légumes, un peu de beurre, parfois une volaille ou un lapin (…ce qui obligeait la famille à se serrer la ceinture !) d’autres effectuaient de menus travaux.
Une pauvre vieille femme nommée Elvire subsistait péniblement, grâce à son jardin et à sa basse-cour, sans oublier son bouc, un vaillant gaillard qui remplissait la fonction d’étalon pour toutes les chèvres du village, et dont elle monnayait les services, ce qui lui permettait de se procurer le peu d’argent dont elle avait besoin.
Jamais bouc ne fut traité avec plus de soin que celui-là ! Aussi, quand il commença à tousser et à se montrer moins ardent, la pauvre femme désespérée se mit à paniquer.
Comme le vétérinaire était de passage au village, il vint voir le malade et se montra rassurant : « Ce n’est pas grave. Il a pris un coup de froid. Gardez-le au chaud pendant quelques jours et ça ira mieux. »
Peu de temps après, alors qu’il avait été de nouveau appelé, il passa prendre des nouvelles de son patient qui, visiblement, avait retrouvé sa vigueur et ne demandait qu’à reprendre son travail, au grand soulagement d’Elvire. « Bravo, vous l’avez bien soigné. Comment avez-vous fait ? »
« J’ai suivi scrupuleusement vos conseils. Je l’ai tenu bien au chaud. Je l’ai mis dans mon lit. »
« Dans votre lit ?... Et l’odeur ?? »
« Quoi l’odeur ?... Il a bien fallu qu’il s’habitue !! »
C’est pourtant bien un poète latin qui a dit : « L’argent n’a pas d’odeur. »

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