Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du sourire.

Les mirabelles

dimanche 4 novembre 2007, par François Mouton


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La gaize, roche qui constitue la quasi-totalité du sous-sol de notre région, convient particulièrement aux arbres. qu’ils soient de la forêt ou des vergers. Les fruits sont très abondants et variés en Argonne, et la saison qui commence par les cerises en juin pour se terminer par les noix et les pommes en octobre, en passant par les prunes, fournit d’excellent, desserts une bonne partie de l’année.
Le mois d’août est celui de la mirabelle, délicieuse petite prune jaune d’or qui fait le régal de tous, aussi bien sous forme de fruits frais que de croustillantes tartes ou de succulentes confitures.
Ce jour-là, autour de la table familiale, Clément, tout jeune garçon, était assis près de son père Denis et lorgnait une superbe tarte aux mirabelles, préparée pour le dessert.
Clément demande à son père : « Pourquoi on les appelle mirabelles ? ». Denis redoutable farceur, amateur de calembours et autres jeux de mots, réfléchit un instant puis répond « C’est un fruit originaire d’Arabie. Il y a bien longtemps ,un grand personnage nommé Abel aimait beaucoup cette petite prune que l’on finit par nommer fruit de « l’Emir Abel » puis, le temps passant, plus simplement. « l’Emir, Abel ». Quand ce fruit fit son apparition dans notre pays on traduisit phonétiquement son nom par « les mirabelles ». Voilà pourquoi tu vas manger de la tarte aux mirabelles. »
Peu de temps après, Clément assistait à une leçon de catéchisme qui portait sur les débuts de l’humanité : le paradis terrestre, Adam, Eve, Caïn, Abel... En entendant ce dernier nom : « Abel était un émir arabe. C’est lui qui a fait venir chez nous les mirabelles qui portent son nom. »
Stupéfait puis indigné, le curé commence à sermonner (...et pour cause !...) le pauvre gamin, l’accusant de faire le malin pour faire rire ses petits copains. Le pauvre Clément fond en larmes et, entre deux sanglots, explique ce que son père lui a raconté.
Denis est convoqué par le curé (lui, très irrité, lui reproche sa plaisanterie de mauvais goût, faite au détriment de la naïveté d’un enfant et surtout, un sacrilège inacceptable aux dépens de la Sainte-Bible !
Honteux et confus, tel le corbeau de la fable, Denis ne jura cependant pas qu’on ne l’y reprendrait plus (une promesse impossible à tenir ...) mais se promit d’être plus prudent à l’avenir.

Et tout ça ... pour des prunes !!



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