Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

HOPITAL DE SAINTE MENEHOULD

Guerre 1914-1918

mercredi 17 juin 1998


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           Au moment de la mobilisation et dans les premiers jours de la guerre, l’hôpital de Sainte Ménehould reçut beaucoup de malades et des soldats victimes d’accidents. L’autorité militaire disposait du service civil ainsi que des dortoirs des orphelins, orphelines et vieillard femmes. Il y eut alors en permanence de cent à cent douze malades ou blessés.

           Tous les soldats décédés dans les trains sanitaires de passage étaient transportés à l’hôpital. La chambre mortuaire étant insuffisante pour contenir tous les cadavres, on fut obligé de les laisser dans la cour, sur deux voitures aménagées à cet usage ; les Soeurs devaient se contenter de les recouvrir d’un drap funèbre.

           Les orphelines furent hospitalisées dans une maison bourgeoise voisine de l’hôpital et les garçons installés dans un préau qui leur servait de réfectoire et de dortoir. Vers le 15 août, la fièvre typhoïde se déclara parmi les enfants ; vingt-quatre furent atteints. Six Soeurs durent également s’aliter, de sorte qu’il n’en restait que trois pour soigner tout le monde.

           Sainte Ménehould connut l’occupation pendant dix jours. Les Allemands apportèrent leurs blessés ; plusieurs se montrèrent assez arrogants, d’autres plus compréhensifs. En tout cas, ce fut une joie de revoir les Français. Puis, on reprit le soin de nos soldats ; en neuf mois, il en passa deux mille quatre cent trente-deux à l’hôpital.

           La ville fut plusieurs fois bombardée par un train blindé qui stationnait à une quinzaine de kilomètres. Soixante-seize obus tombèrent, dont quelques-uns assez près de l’hôpital. Nos avions parvinrent à détruire ce train, mais dans la suite, ce furent les taubes qui lancèrent les bombes.

           Ce danger permanent obligea l’Administration à évacuer les vieillards et les enfants. Ces derniers furent conduits à Bois-Sainte-Marie (Saône et Loire) et accueillis par les Soeurs de Saint-Joseph de Cluny, tandis que les vieillards étaient hospitalisés à l’Asile départemental de Semur-en-Brionnais (Saône et Loire) où Sœur Julienne Demange resta avec eux ; six seulement revinrent à Sainte Ménehould.

           En mars 1918, les bombardements redoublèrent et les Soeurs restèrent presque seules ; enfin, le 6 juillet, l’hôpital ayant été atteint, elles furent évacuées d’office par l’autorité militaire et passèrent quinze jours à Brachay, Haute Marne, puis le danger conjuré, se hâtèrent de revenir à Sainte Ménehould.

           Quelques temps après, la médaille de la Reconnaissance Française, décernée à la Supérieure avec une citation des plus élogieuses, attestait le dévouement dont les Soeurs avaient fait preuve en toute circonstance.

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