Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

HISTOIRE DE NOEL

lundi 15 juin 1998, par François Duboisy


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          Non, il ne s’agit pas de faire rêver des enfants crédules, mais d’évoquer une famille Ménéhildienne dont les membres ont développé et développent encore une activité multiforme embrassant économie, politique et vie associative. Ces acteurs de notre histoire récente forment une sorte d’écheveau que nous allons nous efforcer de démêler (bien entendu, nous nous intéresseront en priorité à ceux qui sont restés fidèles à l’Argonne). Car qui sait que Pierre est le frère de Jean, l’oncle de François, le cousin de René et de Robert et que ces deux derniers ne sont pas frères ?

          Alfred NOEL, né en 1858, ouvrier tâcheron quitte sa Creuse natale en 1882 pour venir travailler comme maçon à la construction du quartier Valmy. Pendant deux ans, il laisse au village sa jeune épouse de 18 ans : Marie RIVET. Il revient participer à la construction de l’église St Charles de 1886 à 1888. Trouvant quelques charmes à notre région, il décide de s’y installer avec sa famille en 1890, d’abord à St Memmie puis à Auve. Ce n’est qu’en 1902 qu’il emménage définitivement à Ste Ménehould.

          Le Massif central était, à cette époque, terre d’émigration. L’activité économique traditionnelle végétait, les villes peu dynamiques stagnaient. Les regards des jeunes hommes se portaient vers le Nord où l’on deviendrait ouvrier, artisan ou bougnat.

          Ainsi, on peut penser qu’Alfred NOEL estimait qu’il serait plus aisé de gagner sa vie à Ste Ménehould qu’à ARRENES (gros village de 1200 habitants). Il lui fallait vivre là où la modernité du 20ème siècle prendrait corps. La grande guerre, avec ses destructions, allait conforter son choix. Dès 1919, avec enthousiasme, on entreprend la reconstruction des villages martyrs (Berzieux, Ville-sur-Tourbe, Cernay, Massiges, Minaucourt, ...) et les NOEL y contribuent.

          Les émigrés français des années 1900, fidèles aux traditions rurales, ne souhaitent pas voir leur famille séparée. Alfred, en 1890, avait déjà deux enfants. Il était impérieux pour lui que tout son petit monde se rassemble en un seul foyer, dans une seule maison. Alfred NOEL gagne bien sa vie dans sa nouvelle ville et acquiert diverses propriétés dont la maison : 73, Rue Camille Margaine. Il décédera en 1921, un an après la création de la Société « NOEL Frères » par deux de ses enfants : Emile et Adrien. Des enfants, il en eut cinq : Emile, né en 1885, Adrien en 1889, Alice en 1893, Thérèse en 1897 (elle meurt en religion en 1921) et Marcel en 1900.








Emile NOËL
Fondateur de l’entreprise NOËL Frères
qui deviendra l’entreprise Emile NOËL
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          Emile NOEL, pour nos plus jeunes lecteurs, évoque avant tout une salle de spectacles et de réunions. mais on n’obtient pas l’honneur de donner son nom à un édifice sans avoir quelques mérites : celui d’être un ancien combattant de la guerre 14-18, ce qui était assez banal même si on ajoute blessé à Verdun et médaillé militaire. Sa notoriété vient de son engagement réussi dans la vie de la cité, réussite sur le plan politique limitée, certes, car la ville est radicale et lui homme de droite, courant catholique social. Il sera conseiller municipal durant de longues années et conseiller d’arrondissement (on en comptait trois pour l’arrondissement de Ste Ménehould). Mais son titre de gloire, c’est surtout la réussite de l’entreprise qu’il crée avec son frère : d’abord entreprise « NOEL Frères » qui deviendra entreprise « Emile NOEL ». Cette entreprise de bâtiment, comme on disait alors, construisit durant de nombreuses décennies, maisons particulières et édifices publics dans la région. Il n’est pas possible de citer toutes les responsabilités de ce notable qui fut Président de la Chambre Syndicale du Bâtiment, de l’Association des Anciens Combattants ...

          Adrien, le deuxième de la famille, n’a pas laissé un souvenir aussi vivace. Blessé par deux fois en 14-18, décoré de la médaille militaire, il décède dans un accident de voiture en 1923 : le jour de la naissance de son fils, à 34 ans, deux ans après avoir fondé l’entreprise.

          Marcel, le dernier des garçons, détient le record de longévité puisqu’il décède en 1995 dans le sud où il s’est retiré, âgé de 90 ans. Après la première guerre, il entre dans l’entreprise de ses frères où il sera chef de chantier jusqu’en 1965. C’était là la destinée d’un fils cadet. D’une façon similaire, Paul BISTER sera employé chez son frère aîné Auguste et Lucien DUBOIS chez RAYMOND (ce sont là trois « grandes » familles du bâtiment de Ste Ménehould).

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