Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

HISTOIRE DE NOËL (suite)

dimanche 18 octobre 1998, par François Duboisy


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           Résumé du premier épisode
           Alfred NOËL quitte sa Creuse natale en 1890, pour s’établir dans la Marne. En 1902, il emménage à Ste Ménehould. Il a cinq enfants. Emile, qui crée avec Adrien une entreprise locale de bâtiment. Le plus jeune frère, Marcel, y sera chef de chantier. Les deux filles ont des destinées bien différentes : Alice, épouse GOYEUX, devient fleuriste et mère de quatre enfants, Thérèse meurt en religion, à 24 ans.
           Les enfants d’Emile
           Respectons notre parti pris de ne s’intéresser qu’au nom de NOËL. Nous ne ferons donc qu’évoquer Michèle, la cadette, qui épousa un sémillant pharmacien militaire, François STUPP, bien connu de tous pour sa collaboration à un journal local (et aussi accessoirement à notre revue).

           Le premier enfant est Pierre, né en 1918, le 11 novembre, à Tulle. Pour lui, l’armistice a donc un goût particulier. Engagé volontaire en 1936, il rentre dans l’entreprise familiale en 1940 et la quittera en 1977 pour partir à la retraite. Père de quatre enfants, deux filles, deux garçons, il fonde l’association des parents d’élèves du Lycée Chanzy, puis, avec Marc HERRARD, le syndicat de transport scolaire. Cet engagement de « père d’élève » lui vaudra d’être chevalier dans l’ordre des palmes académiques et délégué départemental de l’Education Nationale. Il sera aussi, pendant quinze ans, Président du conseil d’administration de la Caisse d’Epargne, où il succède à Monsieur VATIER, maire de la cité durant la guerre. Chef d’entreprise, il accumula durant toute son activité, diverses responsabilités professionnelles, siégeant dans plusieurs organismes paritaires locaux ou départementaux.

           Le second fils, Jean, est né en 1923. Il rentre, après la guerre, dans l’entreprise de son père et l’on va voir progressivement les deux frères prendre les rênes de la S.A.R.L. Emile NOËL créée en 1950, leur père se retirant progressivement. Les deux frères semblent avoir des personnalités et des compétences complémentaires : Jean suit les chantiers, fait les études, Pierre s’intéresse à l’administration et au secrétariat. Et ce duo gérera ainsi l’entreprise jusqu’à leur retraite, ce qui est pour le moins singulier, car, à partir de 1970, les structures familiales sont balayées par le libéralisme.

           Leur entreprise vécut et se développa au rythme des fluctuations du bâtiment. La période faste d’après guerre (reconstruction dommages de guerre). Elle se poursuit jusqu’en 1969 (développement des H.L.M.). Elle compte une quarantaine de salariés. Après 1968, c’est l’ère des maisons individuelles : la concurrence devient vive et le marché se restreint. L’activité vente de matériaux, qui était initialement accessoire, va progressivement se dilater, tant et si bien que l’activité « bâtiment » disparaîtra en 1981, pour laisser la place à NOËL MATERIAUX, un virage bien négocié.
           Jean NOËL ne fut pas qu’un chef d’entreprise rigoureux. Il s’engagea dans la vie de la cité et de sa région. Bien sûr, il eut bien des responsabilités professionnelles (Chambre de Commerce, Juge au Tribunal de Commerce) mais ses concitoyens retiendront surtout son action dans les domaines de la culture et du tourisme.
           Avec un groupe d’intellectuels universitaires ou autodidactes liés à l’Argonne, il participe, aux côtés de Jean BABIN, Jean MARCHAL et André MEUNIER, à la création du centre d’études argonnais dont il est le secrétaire. Les congrès se succèdent. Celui consacré à de CHAMISSO, poète partagé entre l’Argonne et l’Allemagne, connut un certain retentissement. Et puis en janvier 1964, c’est la sortie du premier numéro de la revue Horizons d’Argonne. Au préalable, il avait déjà participé à d’importantes opérations de promotion de l’Argonne, dans le cadre d’émissions radiophoniques (La reine d’un jour) ou télévisées (Trente six chandelles). Toute la France, rivée sur la chaîne unique, n’avait d’yeux ou d’oreilles que pour Ste Ménehould pendant toute une soirée.
           Dans le domaine du tourisme, il fut très tôt Président du syndicat d’initiative à la suite de Jean DEPORS. Il créa et anima les journées Dom Pérignon (le 13 mai 1956), qui permirent à la ville de voir son moine de génie (et de légende), s’installer dans le Jard. Très vite, dans ce domaine, il prit des responsabilités départementales et même nationales (Président de la Commission Nationale de Tourisme Rural). On lui doit aussi la réédition, en 1987, du Guide de l’Argonne, publié avec le concours du Ministère de la Culture.
           L’an dernier, suite à une opération qui s’annonçait bénigne, il succombait, laissant son entourage et ses amis dans la peine et la stupeur.

Photos F. STUPP



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