Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

PERSONNAGES CELEBRES

ANDRE THEURIET

F. DUBOISY, avec le concours de O. HUSSON et J.H. RAILLAT

jeudi 18 mars 1999, par François Duboisy


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          André THEURIET, académicien français (1833-1907) est maintenant quelque peu oublié. Progressivement, il déserte les dictionnaires et les encyclopédies. Pourtant, les plus anciens se souviennent qu’il fut longtemps incontournable, présent dans toutes les bibliothèques et grand pourvoyeur de textes de dictées.
          André THEURIET est un écrivain qui chante les terroirs, les forêts, les petites villes bourgeoises, avec l’étonnante facilité d’adopter tous les pays où le mène sa profession. Ainsi, on peut trouver des rues André THEURIET, voire des établissements scolaires portant son nom dans différentes contrées de l’hexagone. Chacun le considère un peu comme un enfant du pays, que ce soit en Lorraine, en Argonne ou dans le Poitou.

          Fils d’un Bourguignon et d’une Lorraine, il est né le 8 octobre 1833 à Marly-Le-Roy (Seine et Oise), par hasard, car son père y était conservateur des hypothèques. Mais André THEURIET est avant tout un homme de l’Est. En effet, sa mère s’ennuyait à Marly et avait la nostalgie de son pays lorrain. Elle harcela si bien son mari, qu’il finit par demander et obtenir sa mutation. A quatre ans, André THEURIET arrive ainsi à Bar-le-Duc. Il y fait ses études et passe son baccalauréat, en 1851, à la Sorbonne.

          En juillet de la même année, il rejoint son père à Civray en Poitou, où celui-ci avait été nommé. Là, en 1853, il s’éprend de la fille du Sous-Préfet, lorrain comme les THEURIET. Mais l’idylle fut brève. Cette jeune fille, orpheline de mère, de santé fragile, meurt deux ans plus tard. La pure clarté de cette aventure illumine l’œuvre entière de l’auteur. Si tous les êtres qui s’aiment à travers ses livres sont si sains, si simples, au risque d’en paraître naïfs, c’est que l’auteur leur a prêté sa propre conception de l’amour, chaste et romanesque, exalté mais épuré par l’influence de la nature. Il ne se mariera que vingt ans plus tard. C’est d’ailleurs sous le signe de cet amour de jeunesse qu’il fait son entrée dans la carrière des lettres, en publiant onze pièces en vers, sous le titre « In Memoriam », dans « la revue des deux mondes », en 1857. L’année précédente, il était devenu licencié en droit.
          Sa profession va l’amener à Montmédy , Varennes-en-Argonne, Damvillers, pour de courtes missions, puis plus durablement à Auberive (Haute Marne), et à Tours. En 1880, après un second mariage, la littérature lui permet de gagner sa vie. Il quitte l’administration et s’installe à Bourg-la-Reine. En 1894, il est élu maire de sa ville. En 1897, il entre à l’Académie Française. Il décède en 1907.
          Le poète, remarqué par Sainte-Beuve pour son premier volume de vers « Cela sent bon », comprend vite qu’il est plus lucratif de s’adonner à la prose. Il va publier 228 ouvrages, dont de nombreux romans sur Bar-le-Duc (22), le Pays d’Auberive (13), la Touraine et le Poitou (10), la Savoie (10) et l’Argonne (8).
          On peut reprocher à André THEURIET d’avoir privilégié la quantité. Il est vrai que son œuvre pêche par une certaine banalité des intrigues, une psychologie simpliste des personnages et un style « un peu facile ». Cela peut expliquer l’oubli qui le guette. Pourtant, ce fut un historiographe précieux de la classe moyenne et il a su parler d’une façon originale des passions qui semblent adoucies, embellies presque, par le paysage qui leur sert de décor. Et puis, perdus dans ces pages surabondantes, on trouve de véritables petits joyaux, des descriptions où l’auteur excelle, avec un style revigoré, une précision, un lyrisme qui en ont fait le meilleur chantre de ses pays d’adoption.

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