Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LES MARGAINE

jeudi 28 octobre 1999, par Lucien Dubois


Version imprimable de cet article Version imprimable    Version PDF


Nous publions une communication faite par Lucien DUBOIS, en 1958, à la Société d’Agriculture Commerce Sciences et Arts du département de la Marne, parfois appelée Société Académique de Châlons. Nous remercions Roger DUBOIS, son fils, qui nous a transmis ce document qui va redonner du sens au nom MARGAINE.

LES MARGAINE, CENT ANS AU SERVICE DU PAYS


Dans quelques années, les promeneurs passant dans la rue Camille MARGAINE, se demanderont pourquoi le nom de MARGAINE a été donné à cette rue bien tranquille, autrefois appelée Rue de Royon, qui s’étire en demi-cercle au pied des anciennes fortifications du château de Sainte-Ménehould.
Elevant ses enfants dans les mêmes principes qui l’avaient guidé dans sa carrière militaire et sa vie politique, rien d’étonnant à ce que ceux-ci s’emploient par la suite à travailler dans le même esprit pour le bien du pays.
Les notes qui vont suivre pourraient donc avoir pour titre : « La famille MARGAINE au service de la France pendant un siècle ».

Camille MARGAINE est né le 4 décembre 1829 à Sainte-Ménehould. Il fit une partie de ses études en province, les a continuées à Paris, au lycée Charlemagne, institution Jauffret, pour les terminer dans une école préparatoire à Saint-Cyr. Admis en 1847 comme élève de cette école, il fit partie de cette promotion dite de « la République », qui assista ou prit part à quelques uns des événements de 1848.
Pendant les journées qui suivirent la Révolution de 1848, Monsieur MARGAINE fut attaché à l’état-major de la garde nationale de Paris, comme officier d’ordonnance du Général COURTAIS.

Rentré à Saint-Cyr, il en sortit en 1849, comme sous-lieutenant au 10ème de ligne. Il n’avait pas vingt ans et la carrière militaire s’ouvrait pour lui brillante d’avenir.

Il fit la campagne d’Algérie au 10ème de ligne et fit celle de Crimée au 1er Grenadier de la Garde. Blessé à l’assaut de Sébastopol, il fut décoré de la Légion d’Honneur. Deux de ses blessures étaient légères, mais une balle lui avait brisé la main droite et les médecins l’évacuèrent sur Varna, puis de là, sur Marseille.

Nommé Capitaine en 1858 au 58ème de ligne, il retourne servir en Afrique jusqu’en 1863.
Malgré tous ses états de services et dix années passées en campagne, il est placé en dernier lieu dans un régiment où l’avancement était pratiquement nul. Capitaine depuis six ans, il prit son parti, donna sa démission et se retira à Sainte-Ménehould.

En se mariant avec Mademoiselle Lucile SIMON, il entre dans une famille dont le chef, Monsieur Alfred SIMON, était connu pour ses opinions libérales et républicaines. Aussi fut-il lui-même bientôt mêlé aux affaires politiques locales.

Conseiller d’arrondissement, élu maire de Sainte-Ménehould en 1867, puis Conseiller Général, il soutient le candidat de l’opposition, Monsieur GOERG contre Monsieur DUGUET et plus tard contre Monsieur VARIN D’EPENSIVAL, tous deux candidats officiels. C’est donc comme Maire et Conseiller Général que le trouve la guerre de 1870.

Après le désastre de Froeschviller, malgré ses démarches pour reprendre du service dans l’armée active, le général commandant alors à Châlons refuse de l’y replacer. Quelques jours après, les allemands envahissent son arrondissement et il doit lutter pied à pied pour résister aux exigences de l’ennemi, lutte de tous les instants et qui ne fut pas sans péril.

Répondre à cet article

Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne
Association déclarée le 06 février 1998
Siége social : Hôtel de ville
B.P. 97- 51801 Sainte-Ménehould