Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

LA LEGENDE DE SAINT DIDIER

lundi 25 octobre 1999, par Denis Marquet


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Le jour de la Saint Didier, le 23 mai, jour de la fête patronale de la paroisse de Verrières, les vignes qui donnaient l’espoir d’une abondante vendange, furent entièrement gelées. Les habitants, furieux de se voir frustrés dans leurs espérances et attribuant à leur patron ce désastre qui n’était dû qu’à un refroidissement de la température, courent alors à l’église, enlèvent une statue de bois représentant Saint Didier, la garottent et la traînent vers une fontaine située près du cimetière (situé alors autour de l’église). Là, l’ayant attaché à une longue bascule, les mécontents plongent et replongent la statue, la tête la première, pour faire boire de l’eau à celui qui les prive de boire du vin ...

Et lorsqu’on fait jouer cette bascule, les spectateurs crient à tue-tête dans leur patois : « Luvez l’y haut l’y brigat qu’y voiti l’y degât qu’il y fa ». C’est-à-dire : « Levez-le haut, le brigand, qu’il voit le dégât qu’il a fait ». Les habitants de Verrières promènent la statue dans les rues du village en poussant les mêmes cris. Enfin, ils jettent le saint dans la fontaine, qui depuis ce jour, est appelée « Fontaine Saint Didier ».

Le jour même et les jours suivants, les habitants du village arrachèrent toutes les vignes.

La légende ajoute que le prévôt de Sainte-Ménehould, instruit de la conduite scandaleuse des habitants de Verrières, traduisit les profanateurs en justice. Le fait ayant été pleinement constaté, ils furent sévèrement punis et condamnés à payer une forte amende, ainsi qu’au remplacement de la statue du saint patron. Une croix en pierre fut élevée sur la place du village, croix qui n’existe plus actuellement. Cet événement est prétendu être de 1250, sous Saint Louis.
Suite à cette légende, on appela les habitants de Verrières les « Padas » ou même « Padada », c’est-à-dire les pendeurs de saint. Ce sobriquet est toujours employé de nos jours ...

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