Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

ARRIVEE DU TELEPHONE A MENOU

mardi 19 octobre 1999, par Gérard Mourlet


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Une lettre de Monsieur le Directeur des Postes et Télégraphes de Châlons, en date du 23 juin 1894, informe en substance le Maire de Sainte-Ménehould de la façon de procéder pour l’établissement du premier poste téléphonique à Sainte-Ménehould. Cette lettre est ainsi conçue :
« Monsieur le Maire,

J’ai l’honneur de vous faire connaître que la création, à Sainte-Ménehould, d’un service téléphonique en relation avec Châlons, nécessiterait une avance de 7.250 Francs, selon qu’il s’agirait d’installer une simple cabine ou bien aussi un poste central, en vue de permettre de relier des abonnés à domicile.
Cette avance, non productive d’intérêts, devrait être faite à l’Etat avant exécution des travaux, soit par la ville, soit par un particulier agissant au nom et pour le compte d’un groupe d’intéressés.
Elle serait remboursée au moyen de produits des taxes ou des parts de taxes afférentes aux sections des lignes empruntées par les correspondances de ou à destination de Sainte-Ménehould et des produits des abonnements, le cas échéant.
Le montant annuel de l’abonnement serait de 50 Francs. Toutes les communications échangées à partir de la cabine et depuis le domicile des abonnés seraient soumises à la taxe de 0,50 Francs par 100 kilomètres et par unité de 5 minutes, la distance étant comptée d’après le parcours réel de la ligne.
Les abonnés auraient à se pourvoir de leurs appareils auprès de l’industrie privée et à contribuer, à raison de 30 Francs par 100 mètres ou fractions de 100 mètres, aux frais d’établissement de la ligne reliant leur domicile au bureau central.
Je vous serais obligé de bien vouloir me faire connaître aussitôt que possible la suite que vous comptez donner à ce projet.
Veuillez agréer, etc. »

Le Directeur des Postes et Télégraphes



C’est donc le 23 juin 1894 que Monsieur AUTIER, Maire de la ville, réunit son Conseil Municipal pour en délibérer.
Extrait du registre des délibération de cette date :

Le Maire expose qu’un groupe d’intéressés, se constituant en syndicat, s’engage à faire à l’Etat, pour la ville, l’avance de la somme de 7.250 Francs réclamée pour l’établissement d’un poste téléphonique, moyennant un intérêt annuel de 3.70% garanti par la ville, jusqu’au remboursement par l’Etat de la dite somme de 7.250 Francs. Ce remboursement aura lieu suivant les termes de la lettre citée ci-dessus.
Le Maire fait remarquer que le Conseil Général a participé jusqu’à présent pour une certaine partie et même pour la moitié dans les dépenses faites par les communes pour l’établissement du téléphone et qu’il y a lieu de croire que Sainte-Ménehould bénéficiera également de cette subvention du département.
Après diverses explications, le Conseil, à l’unanimité, vote l’établissement, à Sainte-Ménehould, d’un poste central téléphonique relié à Châlons, permettant d’y relier des abonnés à domicile.
Le ville fera à l’Etat l’avance de la somme de 7.250 Francs réclamée. Un groupe d’intéressés, constitués en syndicat, s’engageant à faire à l’Etat, pour la ville, l’avance de la somme de 7.250 Francs, moyennant un intérêt annuel de 3,70%, jusqu’au remboursement par l’Etat de cette somme.
Le Conseil vote également à l’unanimité, un crédit annuel de 217,50 Francs, destiné à couvrir cet intérêt, jusqu’au remboursement intégral de la somme de 7.250 Francs.
Ce crédit de 217,50 Francs devra diminuer chaque année dans la proportion des remboursements effectués.


A la Grange-aux-Bois, la cabine téléphonique est ouverte le 25 mai 1895 et sera tenue par l’épouse de l’instituteur, pour une indemnité de 50 Francs annuels.

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