Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

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UNE BELLE PRISE.

jeudi 23 décembre 1999, par Rémy Cellier


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Monsieur Rémy CELLIER, maréchal ferrand à Moiremont, est l’arrière grand-père de Bruno CELLIER, pâtissier rue Chanzy à Sainte-Ménehould.

Extrait du rapport remis à l’autorité militaire, à la Préfecture de la Marne, sur la prise d’un aviateur allemand, en temps de guere, sur le territoire de la commune de Moiremont, le 23 novembre 1939 :

« Il était environ onze heures et quart quand plusieurs avions anglais sont venus survoler très bas notre commune. Leurs évolutions semblaient nous dire qu’il y avait quelque chose d’anormal. Quelques instants après, un cycliste débouchant de la route de Vienne-la-Ville nous annonçait qu’un avion venait d’atterrir sur la plaine, entre Moiremont et La Neuville-au-Pont.

Nombre de civils et militaires en cantonnement à Moiremont, nous montâmes la côte en vitesse, à la recherche de l’avion tombé que nous aperçûmes à environ un kilomètre de là.

A travers les champs gelés, je pris les devants, avec mon camarade Octave CHAUFFERT, vers la direction de l’avion tombé ; quelques centaines de mètres avant, nous aperçûmes la croix noire, bordée de blanc, sur la carlingue et reconnûmes de suite que c’était un allemand . Nous repartîmes encore plus vite pour en faire la prise.

Pendant cette course, j’ai pu remarquer que l’aviateur, quelques quinze mètres devant son appareil, brûlait des papiers, sans doute son ordre de mission, et aussitôt remontait debout sur l’aile gauche de son avion et fit exploser des fusées, signaux sans doute qui lui restaient.

Arrivés à environ quarante mètres de l’appareil, il déchargea son revolver cinq à six fois dans la cabine de l’avion, sans doute pour détruire ses appareils de bord. Dans un moment d’arrêt de notre part, je lui criais trois fois : « haut les mains camarade ! » N’ayant aucune réponse de sa part, nous fonçâmes sur lui, mais à notre arrivée, il tenta de faire sauter son avion, debout sur l’aile gauche, une poignée de papier à la main, prêt à allumer pour mettre le feu au réservoir à essence déjà ouvert.

Il n’en eut pas le temps, mon camarade et moi le mettions hors de danger de nuire, en le jetant à terre, du haut de l’appareil. Sa résistance ne fut pas longue, car il était en bonnes mains.

Les militaires qui nous suivaient non loin de là, s’en sont emparé et l’on remis à leurs autorités.
Nous sommes heureux, mon camarade et moi, d’avoir fait cette belle prise, aviateur et appareil intact et sommes prêts, à la prochaine occasion, à renouveler notre exploit ».

Moiremont, le 23 novembre 1939

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