Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

QUE LA LUMIERE SOIT !

dimanche 19 décembre 1999, par René Delaval


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LA GAMELLE


Il y a des farces qu’il ne faut pas faire, surtout à un gars qui a bon appétit !
Un dimanche, nous sommes en renfort au district de Vitry-le-François. Nous avons pour tâche de remplacer les ligatures sur les isolateurs de la ligne 30.000 v. de La Chaussée, à Vitry. Nous avons tous notre casse-croûte et comme il faisait bon, à midi, nous nous sommes installés en bordure d’un bois où nous avons fait du feu pour réchauffer notre nourriture.
Un compagnon, prénommé Serge, est allé rétablir le courant sur la ligne, le temps du déjeuner. Sa gamelle est près du feu ... recouverte d’un vieux chapeau melon, qu’un farceur a trouvé dans un fossé. Nous formons un cercle autour de ce feu, assis à même le sol. Serge, de retour, aperçoit le chapeau, saute parmi nous et allonge un coup de pied dans ... vous devinez la suite ! La gamelle explose littéralement - c’était du petit salé aux lentilles - Serge, pas content du tout, a récupéré le petit salé, mais les lentilles ... !

TEMPETE SUR AUVE


Le vent a cassé des branches de platanes qui bordent la route nationale trois dans le village. Le réseau BT étant en dessous, ce qui devait arriver arriva :
Une énorme branche était accrochée aux fils ; ceux-ci étaient tendus à tout rompre. Pour enlever cette branche, nous sommes obligés de lever une échelle à coulisse de douze mètres et de l’appuyer sur les conducteurs. Sale travail. Nous passons des cordes sur le réseau, pour que les fils ne remontent pas et nous tirons à quatre dessus.
Hubert monte à l’échelle avec une serpe et, du premier coup, fait tomber la branche. Le réseau, ainsi libéré, remonte avec force et nous embarque tous les quatre, ce qui fait redresser l’échelle. Celle-ci se met à la verticale, toujours avec Hubert en haut, bascule en arrière et notre camarade se retrouve assis sur une branche, en haut du platane, pendant que l’échelle retombe sur le réseau. Pas de mal, rien de cassé, mais ... il ne faut pas être cardiaque !

DROLE DE DEPANNAGE


Un samedi, je suis de service avec Hubert. Le permanent au téléphone nous signale qu’un abonné est en panne à Verrières. En principe, il n’y a que les réparations urgentes qui sont faites le week-end, mais le propriétaire de la maison était décédé et les parents du défunt avaient demandé ce dépannage.
Il n’y avait pas encore de disjoncteur sur le tableau du compteur, mais des fusibles. Un de ceux-ci était fondu. Remplacement, remise en service, clac ... fondu à nouveau. Pas de problème, il y a un court circuit dans l’installation qui est assez ancienne. Après avoir cherché un moment, j’entre dans la pièce où repose le mort, sur un lit de coin. Je m’aperçois que les anciens combattants avaient apporté le drapeau de leur section et l’avaient placé incliné dans la ruelle du lit. Seulement, voilà, au bout de la hampe, il y avait une pointe en cuivre en forme de fer de lance et ce bout était enfoncé entre les conducteurs d’un fil souple, alimentant une prise de courant, ce qui provoquait le court circuit.
Pour réparer, il n’y avait qu’un moyen, déplacer le lit avec le défunt. Il y a des circonstances, vraiment ... Ce n’était pas du tout du goût d’Hubert, le pauvre, mais il a bien fallu le faire. On n’est pas des sauvages, n’est ce pas ?

L’AVIATEUR


- Charmont - Nous avons deux poutrelles contre fichées à planter, pour alimenter l’église, qui est presque reconstruite, après dix ans de labeur.
C’est un travail assez dangereux et nous levons encore à la main avec des fourches spéciales, pour ce genre de boulot. Il faut que les monteurs se connaissent bien, car c’est un travail d’ensemble et le comble est que ces poutrelles, très lourdes, sont à lever en bordure du cimetière.
Nous sommes obligés de pousser sur les fourches, au milieu des tombes. Nous perdons beaucoup de temps à enlever une croix ici, une couronne là, pour ne rien casser. Enfin, nous y sommes arrivés - sans casse - avec soulagement. Notre CDD était des nôtres et a tremblé plus que nous. Ce furent les dernières poutrelles que nous avons levées, nous n’étions vraiment pas équipés pour çà.
Pendant tout le temps de la manoeuvre, nous étions observés par un homme assez jeune et très aimable. Nous rangeons l’outillage de levage, nous deux Hubert, sur la remorque et il me dit avec le plus grand sérieux : « T’as vu l’aviateur qui nous regardait, il avait du temps à perdre ! » Interloqué, je lui demande comment il s’était rendu compte que c’était un aviateur. « Ben à l’avion qu’il avait sur le revers de sa veste ! »
Sacré Hubert, en réalité, l’avion était une croix et l’aviateur, le curé de Possesse, l’abbé GREINER. C’était le début de la mutation des vêtements sacerdotaux contre les vêtement civils chez les prêtres. On en a longtemps parlé !


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