Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

QUE LA LUMIERE SOIT !

dimanche 19 décembre 1999, par René Delaval


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LE PLAT-VENTRE


Tempête sur la région ... La ligne MT, alimentant La Tourbe, est à nouveau en panne. C’est une vieille ligne en poteaux bois vétustes, qui doit être refaite dans deux mois. En attendant, il faut dépanner.
Evidemment, ça ne peut pas arriver de jour ! Nous sommes encore obligés de cavaler la nuit ; le vent est encore très fort et il pleut. Après bien des kilomètres et des manoeuvres, nous constations que la panne est sur la déviation de Ville-sur-Tourbe, à Somme-Tourbe - notre bête noire, cette ligne.
Nous coupons le tronçon en deux, à l’aide d’un IACM qui se trouve à mi parcours. Nous renvoyons du courant, ça ne tient pas. Cela signifie que nous faisons sauter le départ de la ligne à la sous station. Nous en déduisons que le « pépin » se trouve entre Ville-sur-Tourbe et Warge-Moulin ; à nous les classes à pied ! Raymond CHARLES est avec nous, c’est lui qui nous récupère à la fin de la visite de ligne. Roger GAUTIER nous signale qu’il a trouvé des poteaux cassés sur le haut d’une butte, entre Virginy et Minaucourt. Nous nous rendons sur place. La ligne est à quarante mètres de la route. Roger WENDER a un phare à la main, j’en ai un également. Raymond CHARLES est devant nous ; nous l’éclairons et nous voyons déjà un poteau à terre, puis un deuxième, un troisième ... en tout, six poteaux cassés.
Roger GAUTIER, qui est derrière nous, pousse un juron : il est en difficulté avec une de ses bottes, la terre labourée, devenue une boue liquide, veut la garder. Avec un ensemble parfait, nous l’éclairons, Roger WENDER et moi, ce qui fait que Raymond CHARLES est dans le noir et avance toujours. Aussi, est-ce sans surprise que nous l’entendons crier : « Eclairez-moi ! » Pendant que R. WENDER continue de surveiller R. GAUTIER, je me retourne, et, dans le faisceau de mon phare, nous voyons R. CHARLES, à plat ventre dans la boue et dans quel état, mes aïeux ! Mais, bien sûr, quel fou rire !

LE PANTALON


Nous sommes à Rarécourt, où nous remplaçons des poteaux bois vétustes sur le réseau BT.
L’équipe, Edmond VUILLAUME, Roger WENDER est avec nous pour faire l’entretien des branchements. Notre travail se déroule normalement, mais il n’en est pas de même pour l’équipe « branchements ».
Ils avaient un câble à remplacer au bureau des PTT. Ce câble passait sous le toit de l’immeuble, qui était très haut. La plus grande échelle qu’ils avaient déployée faisait douze mètres et était, malgré tout, trop courte. A la guerre comme à la guerre, Edmond monte dessus, s’attache avec sa ceinture de sécurité au dernier échelon et, en se plaquant contre le mur, arrive quand même à travailler, mais difficilement.
Cette position inconfortable l’oblige à s’étirer, ce qui, automatiquement, allonge son ventre et le raplatit - Edmond en a un assez bien prononcé. Ce qui devait arriver arriva ! Le pantalon, dont la ceinture ne faisait plus effet, tombe sur ses pieds et voilà notre Edmond en slip ! Bien sûr, c’est à ce moment là que passe une dame et Edmond, qui était l’homme le plus calme du district, de dire de sa voix tranquille : « Mais ce n’est rien Madame ! ».
Les pieds coincés, il n’est pas en bonne posture. Je crois bien, mais je n’en suis pas sûr, qu’un volontaire est allé lui donner un coup de main pour le libérer de cette fâcheuse position et ... pour remonter le pantalon !

LA CAISSE A LOUIS


Notre camarade Louis, entretenait toujours ses outils avec minutie. Tout était toujours bien rangé et propre. Pour éviter qu’un collègue mette la pagaille dans sa caisse à outils, il fermait celle-ci avec un cadenas de sécurité.
Les monteurs, qui n’étaient pas de service en fin de semaine, rangeaient leurs caisses au magasin et la reprenaient en début de semaine.
Un lundi matin, Louis veut reprendre sa caisse ; il lui est impossible de la soulever. Il ouvre le couvercle et s’aperçoit que le fond est vissé au plancher. Pourtant, le cadenas était bien fermé ... mystère.
A la fin de la semaine suivante, Louis dépose sa caisse au magasin, sur une partie ou le sol est bétonné. Et le lundi matin ... la caisse est à nouveau fixée à terre et fermée, bien entendu. Louis soulève le couvercle et se rend compte qu’une cheville a été posée dans le béton, mais comment ?
Marcel est près de lui et le met en boîte. Voyant un sac de plâtre ouvert, Louis en saisit une poignée et la lance dans sa direction. Avisant un tableau de compteur récupéré, Marcel s’en sert pour se protéger la figure. Oui, mais ... le tableau, dont les appareils ont été démontés, est plein de trous, Marcel a le visage moucheté de blanc ! A d’autres de rire !
L’énigme de la caisse ? C’est bien simple. Celle-ci possédait deux charnières et l’astucieux farceur en faisait glisser les axes et les retirait. Le couvercle était facile à ouvrir ; l’opération terminée, il n’avait plus qu’à remettre les axes en place. Ce n’était pas méchant !

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Glossaire :

BT : basse tension
MT : moyenne tension
CDD : chef de district
IACM : interrupteur à commande mécanique


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