Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

ALIX BUACHE

le Maire de l’après-guerre.

vendredi 28 avril 2000, par François Duboisy


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C’est à une bien modeste rue du quartier des Vertes Voyes, près du groupe scolaire, que revient l’honneur de perpétuer le souvenir d’Alix BUACHE, Maire de Sainte-Ménehould, de 1944 à 1959. Le travail important qu’il a réalisé dans une période difficile, l’estime générale dont il bénéficiait et les distinctions qu’il connut de son vivant (Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier des Palmes Académiques, Chevalier du Mérite Social) auraient peut-être pu mériter une reconnaissance de la cité plus élogieuse, par exemple, en donnant son nom à un groupe d’école de la rue Camille Margaine.
Sainte-Ménehould sortit de la dernière guerre mondiale affreusement mutilée. Au premier rang sur la route des envahisseurs, comme à son habitude, la cité avait payé un lourd tribu. Les bombardements de mai 1940 détruisirent plus du tiers des maisons. Lors de leur retraite, en août 1944, les Allemands ajoutèrent aux blessures de la ville en incendiant plusieurs maisons. Sainte-Ménehould devait relever ses ruines, panser ses plaies, reprendre goût à la vie, relancer son activité.
Un homme s’y employa avec détermination et abnégation : Alix BUACHE. Maire de la libération, Alix BUACHE naît dans cette pépinière de maçons et de tailleurs de pierres réputés qu’était la Neuville-au-Pont, le 18 novembre 1890. Il est, dès l’âge de quatorze ans, confronté à la dure tâche des compagnons de l’époque, en entrant comme apprenti dans l’entreprise ARTOISE. Son père, Emile, y est chef de chantier. C’est une entreprise solide, réputée, qui participe à la construction de plusieurs édifices remarquables de la région. On lui doit, entre autres, le monument de Kellermann à Valmy et la Caisse d’Epargne de Sainte-Ménehould.
Un peu avant la première guerre, Emile BUACHE reprend l’entreprise ARTOISE. C’est alors qu’Alix va se trouver éloigné de la profession par un long service militaire, puis par la première guerre mondiale. Il est mobilisé dès les premiers jours du conflit et passera ces quatre terribles années dans l’enfer de Verdun (Il obtiendra la médaille d’argent du souvenir français et les médailles de Verdun et de l’Argonne). Après cette longue coupure, Alix BUACHE va prendre de grandes résolutions.
En 1920, il épouse l’institutrice du village, Angèle HAURAUX, originaire de Witry-les-Reims, qu’il connaissait depuis les années d’avant guerre (Madame BUACHE enseigna à Sainte-Ménehould jusqu’en 1923, puis cessa d’exercer pour élever ses filles).
Cette même année, il reprend l’entreprise familiale, son père étant atteint par la limite d’âge et s’installe à Sainte-Ménehould. En 1930, l’entreprise artisanale, qui a pris de l’importance, s’installe définitivement Faubourg des bois. La vaste cour du « chantier » est encore visible. C’est là qu’il résidera, jusqu’à son décès, en 1976.
Que de maisons, que d’édifices publics seront reconstruits par cette société dont chacun loue le sérieux ! Pourtant ce n’est pas au titre de patron qu’Alix BUACHE doit sa notoriété, mais à celui de Maire de la Libération et de la reconstruction.
Cette histoire commence en 1935. Alix BUACHE, qui est radical socialiste, se présente aux élections municipales, sur la liste du Maire sortant, Monsieur POUGNANT, professeur retraité. A cette époque, et jusqu’en 1959, aux élections municipales, s’affrontent deux listes : l’une regroupant les radicaux socialistes, les socialistes, les laïques et une autre, de droite, très liée à l’église. Traditionnellement, la liste de gauche a le plus grand nombre d’élus et donc, le poste de Maire, et tout aussi traditionnellement, tous les élus travaillent en bonne entente, oubliant de quelle liste ils étaient issus.
A mi-mandat, en 1937, le Maire, très âgé, cède, comme il en avait été convenu, son poste à son premier adjoint, radical comme lui : Gaston VATIER. Alix BUACHE devient, à cette occasion, premier adjoint. Survient la guerre. Durant celle-ci, il manifeste un soutien efficace à la population et à la résistance. Aussi, à la Libération, c’est tout naturellement qu’il est nommé par le conseil national de la résistance, à la tête de la délégation spéciale qui fait office de conseil municipal, avec le titre de Président. Le suffrage universel, le 20 mai 1945, le conforte comme premier magistrat. Il est confortablement réélu, dès le premier tour. L’essentiel de son activité sera de remettre la ville en ordre de marche, reconstruire ce qui a été détruit, remettre les services publics en ordre, redonner à la ville tout son lustre. Voici les tâches auxquelles il s’attache :
Cet homme discret, modeste, courtois, ne connaissant aucun ennemi, aimant la vie de famille, les assemblées où il rencontre les anciens combattants, les élus de la région ou ses collègues du bâtiment, va travailler avec opiniâtreté.

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